Ton cœur a fondu dans une explosion un beau matin au milieu de ton café, tu t'es coiffée à l'horizontale à huit cent-mètres au dessus de ton évier t'es devenue un parc d'attraction qui se tartinait des visions. Défaillante devant ton reflet, t'as fluidifié le mouvement du monde en avalant des cachets. Tu t'es dit que c'était une liberté totale d'expression. T'as orchestré un scandale dans le hall de ton immeuble tu leur as expliqué le point limite à partir duquel il y a insatisfaction, pleine d'exaltation t'as enchaîné sur le pedigree de tes sensations et l'amertume des conserves de béton. Ils te regardaient avec des yeux ronds. Dans la rue t'es devenue un petit ballon, t'as roulé de travers à cause des déflagrations qui giclaient des trous dans ton caisson. Tu t'es assise par terre et t'as frémi avec les pigeons.
Depuis la température monte tous les matins tu te déplaces comme une population la température monte tu pèses quatre cent tonnes d'humiliation depuis la température monte tous les matins tu respires comme six-cent millions la température monte dans ton camp de concentration où tu simules la décontraction la température monte dans ta vie sans destination.
Ton cœur a fondu dans une explosion un beau matin de mai ton cerveau était couché sur le dos dans un caniveau tu passais des journées entières à étudier des pratiques vestimentaires, émoustillée par leurs dispositifs antipollutions.
Tu cherchais ton nom dans les pancartes de démolition, puis tu te couchais sous les ponts, habitée par une souffrance sans religion. Après avoir lu des articles sur la séduction, tu t'es mise à aimer des porcs des bourreaux et des cons, t'étais sans équipement de protection pour sillonner le silence des nuits qui tournent en rond alors t'as continué ton élévation t'as battu des records de hauteur et tu t'es crachée dans des chambres à coucher où t'as fini repliée, sans volonté et sans frisson.
Depuis la température monte tous les matins tu te déplaces comme une population la température monte tu pèses quatre cent tonnes d'humiliation Depuis la température monte tous les matins tu respires comme six-cent millions la température monte dans ton camp de concentration où tu simules la décontraction la température monte dans ta vie sans destination.
jveux éteindre lalumière mais en fait il fait jour
j'appuis sur l'interrupteur pour éteindre la lumière, mais je l'allume car il fait déjà jour et ce que je prenais
pour une lumière électrique était en fait la lumière naturelle
je cherche l'interrupteur du jour
pour appuyer dessus en pleine nuit et faire des blagues
ma langue est jaune punk
paysanges
on dirait une ville.
une ville grillagée, barbelée.
mais il y a un trou – au nord-ouest.
EREINTIQUE ###4
montre-dents
remotely queued voire not shared
qu'épingler sinon la lenteur ,se blacklister ,fermer ses ports
aux attaches effilochées ,engrenages de dérives
« nébuleuse, nébuleuse, nébuleuse »
,balbutiait-elle encore cette foutue pénombre – à verse
trace-moi une nébuleuse ,quelque chose comme le vide ,l'invidation
irradiante qu'une spectrométrie pourrait faire plus que propension oooooh
: Golgothism*In*Grey [oiling the Instabtor mix]
(original by g.Cl4renko) il y a tant d'eau dans le ciel
un incendie dans l'océan
et les piscines brûlent
présent extérieur
des oeufs épilés
la réussite est parfois ce qu'il peut arriver de pire à quelqu'un ;)
aimer le goût de la bière tiède, au début détester le goût de la bière chaude, mais avec le temps, son goût devient synonyme de tant d'ivresse qu'on finit par le trouver délicieux et complexe
en pisser, en boire, en repisser, avoir le ventre gonflé comme si l'ivresse était un enfantement,
la mousse éclaboussée à chaque nouvelle ouverture de canette ou de bouteille
j'ai dû dépenser 100 000 € de bière dans ma vie !
dormir avec la radio allumée
étrange comme le cerveau éteint et allume la radio alors qu'elle reste allumée
bascule
je dors je ne l'entends plus, je me réveille je l'entends, bascule très rapide éveil-sommeil
quand dans le lit on allonge le bras pour trouver l'autre, et que l'on ne trouve rien, et que la place est vide
la liste invisible / le catalogue invisible
On connaît un éditeur par les livres qui figurent à son catalogue, mais on le connaîtrait mieux encore si l'on avait le catalogue de ses livres qui ne se sont pas faits, de ses projets de livres qui n'ont pas abouti.
Le livre de Pierre Lucerné est de ceux-ci pour Caméras Animales. 6 mois de travail, de rendez-vous de travail avec l'auteur, rassemblement et agencement de textes et d'images, combat pour trouver les financements et les aides nécessaires, mises en relation, et quand tout est prêt et qu'il n'y a plus qu'à faire la maquette, crise de l'auteur qui annule tout.
Iceberg, soubassement obscur, infini regret, Pierre Lucerné a créé un "livre invisible" chez Caméras Animales, en "cache".
je suis devenu silencieux
il faut que je me retrouve
cliquez jusqu'à ce que mort s'ensuive
un DJ, le casque vissé sur l'oreille, qui parle à la foule en langage des signes
je voudrais que l'on étouffe tous les sons qui me parviennent
je voudrais que l'on étrangle tous les sons qui me parviennent
s'endormir une cigarette allumée à la main
s'endormir en fumant
et se réveiller en flammes
en feu
carbonisé
fumé
s'endormir en fumant
et se réveiller carbonisé
tellement fatigué que je m'endors en fumée / en fumant
mon pénétromètre
un mec qui joue bien c'est quelqu'un qui arrive à se mettre dans ta tête et à prévoir tes coups
quand j'entends le mot sodomie, je sors mon revolver
quand fun et foune font bon ménage...
nous allons devenir de la puissance crue
des drogues pour les robots !
à chaque réveil je dois sortir d'un labyrinthe pour sortir de moi-même
quand je dors je me transforme en prison et pour me réveiller je dois sortir d'un labyrinthe
(constitué de mes pensées)
chaque réveil, chaque sortie du sommeil, m'est extrêmement difficile et complexe, c'est comme si je devais me sortir d'un labyrinthe composé par mes rêves, mes pensées, pour me reconnecter à l'extérieur, à l'éveil, à la réalité extérieure, au réél
J'ai remarqué qu'on rencontre parfois des gens très bien dans le noir.
mon ptit bout de femme préféré sur cette terre
humains pris dans la toile d'Internet
saoul avec les yeux
sourd avec les yeux
aveugle de l'oreille
les yeux sourds et les oreilles aveugles
les ouïes bigleuses
ce ne sont pas des écrivains, ce ne sont pas des poètes, ce sont des "fictionnaires", des fonctionnaires de la fiction