Extinction (deux sur deux zéro)fréquence floue
l'oeil glacé
torve les membres lanières
peu à peu
arrachés filets de chair
glissent vermicelles sur l'illusoire
rugosité
puis
démembré exister
dans la propension tactile
impossible
la vague se rembobine toujours lucide pellicule horrible
et derrière encore il faut affronter les surfaces
chaque matin qui se recomposent inconscientes
miroirs où les yeux rouges délétères s'enterrent
à ne plus souhaiter que la nuit soit inextinguible
pour les voir se dissoudre difformes danser sur leurs cendres
au matin alors comme issu d'un rêve suave tissu nucléaire
les membres absents pourtant insignifiants
devant ces ravins où l'on s'est précipité pour
dire vivre
pour ainsi
dire
nous existons dans la projection de nous-mêmes dans la distance-vide qui nous sépare du monde
des autres
croyant alors les y retrouver -
ne faudrait-il pas plutôt se résorber en sa source avant de pénétrer consistants cet espace où s'éviscèrent parfois aux lisières d'ombres longues des invideurs hurlés invidés hurleurs jusqu'à survoler l'asymptote solitude scarifiante
jusqu'à être ce qu'ils sont dans toute leur stupeur Paradigme artificiel #3AND AFTER
I KILLED
A SPIDER
WITH A
PIZZA BOX Le chien de ta mére, le chien de ta sœur, le chien de ta gazinière, coupe les aérations je t'asphyxierai, nous deux tranquilles démesurés simulacres pré-individuels, le chien de mon oncle, le chien de tes aboiements, le chien de tes leurres, le chien de tes rires, attendre la queue basse, le chien de l'amer, le chien du labeur, le chien de tes poussières, le chien de mon nom, le chien de tes affolements, le chien de ta peur, le chien de tes prisons, le chien de tes cris, le chien de ton cul, le chien comme un mur, le chien comme un front rentré aux vitres, un enfant rentré vite comme un Nom, à batardiser l'impossible : finir en devenir, ligne droite illimitée, alors le corps devient le monde, passion et fonder la liberté, le chien d'une fenêtre, le chien d'un vide et d'un ciel, d'un cruel, le chien de ta langue, gangue fange, le cri de ma guerre, le chien de ta merde, le chien de ta sueur, le chien mortifère, le chien de tes stups, le chien de tes chatoiements, à rire, l'ouïe, l'insensée, le soleil fruit pourri chaque matin dans tes yeux, moi : à vouloir l'arracher et faire un peu de lumière, le chien de tes souvenirs « ma chérie », le chien de nos connivences, le chien de mes turbulences, agonisons, bâtissons des rivières s'endort le chien, le chien de mon chien, le chien de mon chien, le chien de mon chien, et que reste-t-il à la fin, le chien de mon chien, le chien de ton cul, le chien d'une baise, le chien d'une bouteille, le chien d'un désert, une gueule dont on s'abreuve, déversoir impuissant de lunes détruites et d'aurores persistantes, à cracher du pareil, ou du neuf, du pré-existant. Le chien de ma demeure de ma chienne de mes persiennes, le chien de mon usurpation, de ma trahison, le chien à la truffe branlante et la queue pendante, le chien à la gueule qui boit des trépas des sniff-ah des / ferme ta gueule. Ferme ta gueule. Rentrer la queue basse, feuler la Bleue crasse, miauler ta gueule strass, shit, SHIT.
Battre l'exprimé mon chien, tu me diras.

Les nuages ont des couleurs La convergence de nos penchants Non avoués Dans leur tendre Epure Carcasses désaffectées - note 352John Bastard-A-K me contacta vers cinq heures du matin, il dit : je peux passer ? je dis oui, il se cogna à ma porte d'entrée quelques instants plus tard, me présentant cinglé son front tuméfié, de gauche à droite sa tête comme un poulain dévitalisé, et alors, d'une façon époustouflante un flot jaillit de ses lèvres, il ne s'interrompait plus, je restais vissé au plancher :
« J'ai vu un article sur le galeriste, Perrotin, le mec de la rue Louise Weiss et de la rue de Turenne. 700m2 là-bas... et la photo d'un artiste, qui fait des trucs gentils, genre conceptuels, maquettes, "créateur de mobiles" (structures avec du fil plastique – support, trame – des noeuds et des perles)... moi je réfléchis : créateur de mobiles, si c'est pas de la supercherie... enfin tu marches dans la galerie, je l'ai vu son boulot, tu te prends sa supercherie dans la gueule, c'est presque transparent alors tu vois pas grand chose, c'est un peu moche... donc j'essaie encore de réfléchir, et je me demande si c'est sérieux ou si c'est encore du discours, s'il se fout pas un peu de ma gueule pour que j'émette des théories, s'il se rebondit dessus, ou si, bon, des Ah et Oh simplement ébahis devant certes une certaine complexité au sein de la conception-même du mobile indéniable font la postérité de cet "artiste" propulsé par le GRAND GALERISTE PERROTIN. Je te prends, je te fais, ou je te pousse. Je voudrais pas mal penser. Mais bon. Y'a souvent des blablas. Et là-bas, toujours cet espèce de menton levé, haut jugement, critique, savoir résolu... oui, savoir résolu, c'est tout à fait ça... on, l'art, c'est rien que du plan, en fait, comme les dessins techniques, des explications (le support est créé par l'auteur afin qu'il puisse faire de son explication le vecteur médiatique qui enflera ses initiales. et puis les gens écoutent et disent Oh, il faut aller voir). Pub crousti chaud les fils de fromage qui fument. Comment dicter la curiosité, c'est atroce. Comment suggérer ce qui est bon ou pas. Comment abrutir. vendre.... je suis dans une impasse avec cette société. MERDE. C'est lourd. J'ai mal au dos. J'ai pas le droit d'avoir mal au dos. J'ai de la chance, pas le choix et pas le droit, pour la liberté. La contrainte ouvre la liberté. Tu crois ? Tu crois que c'est faisable, notre élan vers tout ça ? TU PEUX ME DIRE POURQUOI JE ME POSE ENCORE DES QUESTIONS ?... t'es vivant, hein, t'es vivant ?
Alors je ne répondis rien, c'était délicat cette question, je m'étais évincé de cette course-poursuite depuis un an, j'avais tout viré, démoniaque, les yeux de travers. Quelques larmes montèrent, vivant je ne sais pas bien, ça s'est évanoui avec le temps, je passe mes soirées la tête plongée dans l'évier à contempler le siphon, à barboter comme une langouste îvre morte, à humer le plafond, à être fou, à être fou mon ami, j'ai eu beau prendre dans mes bras, aucun corps ne m'attache plus, tout s'est évanoui, des citadelles d'as de cœurs que j'avais empilées consciencieusement, j'avais appliqué ma leçon et puis un souffle d'humain les a emportées, non je ne suis pas franchement vivant, pas franchement mort, je suis là pilier d'angoisse planté dans les carrefours la nuit à contempler les phares et les traînées gauches, à guetter les hommes dans le métro et ces quelques figures, ces gestes imperceptibles, à décortiquer ces surfaces, à essayer de comprendre, je fais des allers et retours dans le métro, dix d'affilée parfois, Pont de Sèvres-Mairie de Montreuil, et puis Mairie de Montreuil-Pont de Sèvres, et puis Pont de Sèvres-Mairie de Montreuil, et encore Mairie de Montreuil-Pont de Sèvres, jusqu'à ce que le roulis me gagne et que je balance comme un train déraillé et que je sois hors-circuit et que je sois devenu une valeur périmée et non ajoutée, que je sois devenu la foule, que je sois devenu un peu rien, en paix et en silence, un clandestin, sans adresse sauf un strapontin.
Alors je répondis rien.
— Putain, ça va durer encore combien de temps la vie ? qu'il me dit.
Et juste après, il se cogna six ou sept fois la tête contre le mur puis il se jeta du balcon.
J'habitais au rez-de-chaussée, il me gueula dessus.
Extinction (deux sur deux zéro)fréquence floue
l'oeil glacé
torve les membres lanières
peu à peu
arrachés filets de chair
glissent vermicelles sur l'illusoire
rugosité
puis
démembré exister
dans la propension tactile
impossible
la vague se rembobine toujours lucide pellicule horrible
et derrière encore il faut affronter les surfaces
chaque matin qui se recomposent inconscientes
miroirs où les yeux rouges délétères s'enterrent
à ne plus souhaiter que la nuit soit inextinguible
pour les voir se dissoudre difformes danser sur leurs cendres
au matin alors comme issu d'un rêve suave tissu nucléaire
les membres absents pourtant insignifiants
devant ces ravins où l'on s'est précipité pour
dire vivre
pour ainsi
dire
nous existons dans la projection de nous-mêmes dans la distance-vide qui nous sépare du monde
des autres
croyant alors les y retrouver -
ne faudrait-il pas plutôt se résorber en sa source avant de pénétrer consistants cet espace où s'éviscèrent parfois aux lisières d'ombres longues des invideurs hurlés invidés hurleurs jusqu'à survoler l'asymptote solitude scarifiante
jusqu'à être ce qu'ils sont dans toute leur stupeur