Il faut adopter les teintes sèches du confort.
Il faut être un battement de cœur moelleux et superficiel.
Il faut être une grasse existence, ponctuée de verrues de béatitude.
Il faut être attendri par des peintures.
Il faut être organisé et vorace.
Il faut supprimer les femmes et les enfants.
Il faut être un ton.
Il faut être un grand triangle avec une façade qui se nettoie soigneusement.
Il faut faire croire qu'on est verni.
Il faut être une grave et lourde coquille.
Il faut être un jour de briques.
Il faut être moderne, symétriquement rangé.
Il faut être un grand homme en morceaux.
Il faut être mort pour une cause.
Il faut pendre dehors.
Il faut être une stupéfaction froide.
Il faut être un grillon.
Il faut être bossu et boiteux.
Il faut être indécis et lourd.
Il faut être une démarche contraire.
Il faut être de plus en plus distinct.
Il faut coller sur les os.
Il faut se bomber sous le poids du désordre.
Il faut être bleu clair.
Il faut veiller au bonheur de la délicatesse juvénile.
Il faut peindre des erreurs vulgaires.
Il faut éprouver du plaisir à heurter des murs.
Il faut pleurer de joie.
Il faut épouser le monde.
Il faut se passionner pour un petit fermier.
Il faut cultiver un petit jardin.
Il faut laisser les gens déserts.
Il faut dire des phrases sans esprit.
Il faut perdre la poésie et pratiquer une poésie sans lutte.
Il faut aimer l'embarras.
Il faut exagérer sa laideur.
Et exterminer toute bonté dans son cœur.
Il faut devenir horriblement poli.
Il faut être un mari de femme laide.
Il faut entasser les paradoxes.
Il faut coûter trop cher.
Il faut être une bonne bête.
Il faut être une petite fille droite et sans bornes.
Il faut avoir soif de sciences futiles.
Il faut avoir le cœur sot et laid.
Il faut être deux personnes.
Il faut être 3h00 du matin.
Il faut devenir l'ennemi de l'autre.
Il faut dire à l'autre qu'il est une possession territoriale.
Il faut habiter le premier étage d'une petite maison.
Il faut respecter l'amour et la joie.
Il faut donner trois grands dîners par mois.
Il faut pencher dès l'enfance.
Il faut garder le silence.
Il faut s'en tirer.
Il faut se taire.
Il faut être tremblant, presque heureux.
Il faut être déchiré ou troué.
Il faut décomposer l'oxygène.
Il faut préférer les horribles alternatives.
Il faut avoir des remords.
Il faut savoir rouler.
Il faut vivre en piles pendant six mois.
Il faut lever les yeux au ciel.
Il faut se séparer de sa vraie vie.
Il faut opter pour un avenir redoutable. Dans un profond silence.
Il faut être violet.
Il faut être immense.
Il faut s'élargir.
Il faut arracher à grands bruits des gueules.
Il faut du linge.
Il faut des tampons.
Il faut des trousseaux de clés.
Il faut des physionomies.
Il faut des anges.
Il faut de la bouche.
Il faut des insectes.
Il faut du jardin.
Il faut du trou.
Il faut de l'étranger et de la fleur fanée.
Il faut du notaire, du jeune vicieux et du misanthrope chagrin.
Il faut du gros mangeur, de la fille déshonorée et des gens d'affaires.
Il faut du cousin, de la figure affable et des yeux au plafond.
Il faut de la parfaite indifférence.
La machine se branche sur un humain en train de rêver et pète un plomb.
HAHA. DES LUTINS HERETIQUES !!!
les mille morceaux de verre réitéraient le réverbère ,c'est à ce moment
là [minus n semaines] que j'ai eu l'idée des échardes je crois .jaunes ,de gingembre ,puis des planètes :just like *hell . le ciel retransmettait le réel .
je m'appelle Jhonn Mantisse et tout recommence sans cesse. tout s'interpénètre au niveau des cavités accélératrices (qu'ils disent). j'ai les yeux rouges et je leade le lab. on est trois, en première approximation. Simon, Bethane et moi. j'ai la mémoire centripète, ça va me revenir.
« Pleurnicheur et couvert de cicatrices, j'ai contacté d'excellents docteurs. Ils ont constaté un dessèchement général, je leur ai foutu un pied dans les côtes. Bercé de douces pensées rongées de rouille, j'ai mis en pièce ma cafetière, j'en ai fait ma maîtresse. »
Rien ne marche. Ni ça ni ça ni ça.
Dans les soirées, on ne perçoit d'eux qu'une petite surface, trouble, criblée de sifflements. Qui ne dit pas grand-chose au fond. Une somme de cliquetis. Un peu agressive même. Non, ce n'est pas là que c'est intéressant.
Il y a cette petite Cynthia, ou Cindy... Elle, par exemple… (mais il ne faut pas perdre de temps). Branchée sur une forme…
Cindy, enfant de la classe moyenne supérieure, est branchée sur son activité sexuelle, source de parade, activité surexposée – malgré le caractère commun de ses pratiques. Cindy se branche au sexe mais surtout à son intellectualisation. Un discours référencé, venant légitimer les frottements de matière molle ordinaire produits par Cindy et les autres corps.
Cindy pratique le sexe oui mais avec références. Il y a des petits numéros placés à côté de ses jambes quand elle se fait tringler, les petits numéros tressautent en même temps que les jambes, ils renvoient à des notes de bas de page sous le lit IKEA de Cindy.
Ça c'est une machine. C'est la première machine.
Cindy.
Qui parle sexe, gigote sexe, mange céréales-sexe, disserte sexe, se meut sexe, ventre-sexe du soir au matin, existe par sexe et discours-sexe. Jusqu'à ce qu'elle se trouve, probablement, une autre identité d'ici quelques années.
Cindy veut avoir l'air d'une figure héroïque au milieu de ses discussions de salon sur le sexe.
Cindy aurait voulu avoir un papa.
Alors parlons de Jacques.
Jacques, de même, s'est branché à une machinerie. Qui l'occupe jour et nuit. Qui le définit. PARCE QU'IL FAUT SE DEFINIR. Sinon on n'est rien. Du moins on en a l'impression. Une flaque. Quelque-chose de gris, qui n'est plus qu'une fonction mathématique. Alors Jacques lui, s'est branché à la haine. Il hait. Il a perfectionné cette haine à travers des milliers de textes, où il lui fait atteindre des sommets paroxystiques. Mais si l'on parle de Jacques, il faudrait aussi parler de Stue, et c'est un peu long. En plus le sujet Jacques est récurrent.
Il y a aussi ceux branchés à eux-mêmes. Non pas à un sujet. À eux-mêmes. Ils sont leur propre machine. Ils tournent en autarcie. Ils font des analyses de leurs propres oeuvres, ils écrivent leur biographie alors qu'ils ne sont même pas morts. Mais ça aussi, ça c'est pour plus tard. Ce n'est pas intéressant. C'est courant. C'est à cause du silence dans lequel ils vivent.
Non, ce qu'il faut découvrir, ce qu'il faut découvrir ce qu'il faut découvrir, dit C.P., ce qu'il faut découvrir c'est : que sont devenus les humains qui ont perdu leurs machines ? Qui sont devenus leurs pièces-à-vivre ? Le temps s'est durci autour d'eux. Plus rien n'a eu de saveur. Les machines des autres se sont mises à faire des cliquetis déroutants. Tristes à en pleurer. Jusqu'à ôter l'envie d'une machine pour soi, jusqu'à devenir une masse, un paquet sans qualité particulière, sans volonté d'accomplissement, sans stratégies ni inventions ni simulations.
(Brûler des rats, les bouffer, pense C.P.)