i n v i d a t i o n    v5

___________________________________________________________________________________________________________
__ lab transmedia numérique __ grappe de cerveaux connectés __ multiprocessing poétique __ zone de scrypt.#rt __

__ avec __
g.cl4renko
Mathias Richard
Nikola Akileus
Awkwardist

__ arrière-plan __
compendium invidation_v[<5] avec AC Hello, g.Cl4renko, Mathias Richard, Awkwardist & Nikola Akileus

___________________________________________________________________________________________________________
__ digital transmedia lab __ brain cluster __ poetic multiprocessing __ scrypt.#rt area __

__ featuring __
g.cl4renko
Mathias Richard
Nikola Akileus
Awkwardist

__ background __
compendium invidation_v[<5] feat. AC Hello, g.Cl4renko, Mathias Richard, Awkwardist & Nikola Akileus


___________________________________________________________________________________________________________
webscrypted by atomeases __ powered by PluXml
now on hystereodrome
___________________

Mushin
R3PLYc4N
Jim Delarge
Tajiaphragm / Memory 3
Ichtyor Tides
Desalgorithm II


Monsieur Pirliput tape un texte. Il tape des textes toutes les joues, pour l'instant, puis pour lui. Monsieur Pirliput n'a pas d'espérance. Il est content. Dans sa cuisine à carreaux défaillants il n'écrit même pas pour son chat, l'odeur de la cafetière l'étripe. Monsieur Pirliput ne pense pas. De temps en temps il fébrile Eddie Bo.

Soudain un jour on écrit à monsieur Pirliput :

« Cher monsieur Pirliput, j'ai lu quelques-uns de vos derniers textes il me semble que c'est de la prose poétique d'après ce que j'ai pu en juger mais arrêtez-moi que je me rompe, je ne demande qu'à en avoir de plus amples explications j'ai donc retenu particulièrement l'un d'eux qui me semble pouvoir me faire vous dire que je vous encourage personnellement à continuer.

Bien à vous,

Sic. »

Monsieur Pirliput la jeta, pensant que c'était une lettre de la langue, il eut juste le temps d'entrevoir l'italique plaqué sur le personnellement.

Monsieur Pirliput continua. a jaillissait de sa tempe et ça venait se collusionner en bulldozers sur le parquet. Un vieux bloc de papier blanc fait pour les lessives du temps où Simone faisait des messes de motivation. Il commençait des histoires. Il ne se retournait jamais dessus, ne se relisait pas, aucune coalition personnelle, rien, il vivait juste, ou pas assez, ou peut-être trop mais cachets.

Un matin, il reçut une deuxième lettre.

« Cher monsieur Pirliput,

Je crois bon de noter que vous avez fait une inversion considérable dans l'avant-dernière phrase de votre trente-huitième texte, qui me fait penser à un distique épouvantable. Ne m'en voulez pas, je dis juste ça pour vous aider, sur ce long chemin douloureux qu'est l'écriture. C'est pour que vous vous amélioriez. Je vous encourage personnellement à continuer, comme je vous l'ai déjà dit. Je vous ai tout de suite remarqué, vous valez quelque-chose, bien que ce ne soit pas abouti, comme vous pouvez vous en douter vous avez encore des progrès à faire. »

Monsieur Pirliput eut soudain un bref hoquet, il oublia tout à fait la lettre, la posa dans un coin, préoccupé de son hoquet, se demandant bien comment il allait le juger.

N'observant qu'une souffrance du bout des doigts la sornette en expulsion comme si demain n'était, contemplant la douleur comme un jet de pellicule, à le contorsionner divinement.

Né collé, à l'asphalte, les papiers îvres, la lunette peinte, les lèvres carriées, les dents violettes ; né collé monsieur Pirliput s'en va maintenant dans les magasins un long chemin qu'il déteste à frôler les ménagères et les couples toute la brûme de ce qu'il a senti se dissiper un jour dans sa vie, les perles d'agathe de sa femme qu'elle lui collait entre les mocassins, le souffle diamanté de son âme tellement elle voulait ne rien ne pas casser les murs de la maison le bonheur tel qu'il les entourait. Les couples maintenant, qui font comme si rien n'existait, comme si tout se rachetait, le bonheur du lendemain accessible en tours de passe-passe l'horizon comme un poulpe. Des paquets d'Haribos et de Malabars dans les mains des enfants abrutis. Monsieur Pirliput pense à Matthieu. Matthieu Pirliput de son vrai nom, né collé. Trop collé à sa mère, il l'avait bien dit. On n'avait pas voulu le croire, on avait offert toujours plus de colle et l'enfant s'était détraqué désaxé aux seins de Simone la glue entre les dents son tarot pestilentiel de jeu de mots en braille dans les yeux collée sa soif. Monsieur Pirliput merde avait raté un pilier dans sa vie, il était sorti en braille du ventre obèse, en cloque de tout ce qui était prédit, depuis la nuit des temps, cramé, dandy encaustiqué, l'enfant du siècle, son enfant. avoir mal aux dents de la vie. Impuissant, il fit des rames.

« Cher monsieur Pirliput »

Cette fois, monsieur Pirliput se concentre et tente de faire aboutir les occlusions de l'inconnu dans son organisme. Il les dote de son humanité.

« Cher monsieur Pirliput,

J'ai cru bon noter que vous vous orientiez vers la dérive poétique et c'est à mon avis ce qui semble constituer votre uvre depuis son début d'après mes analyses mais me permettez-vous de vous conseiller de vous orienter vers un chemin plus décent mêlant des perles de mots comme des abîmes (sic) je vous enjoins de vous parer de syphilis (sic) en ces beaux jours et de creuser cet essai philosophique (sic) (sic) écrit le douze, de persévérer dans cette voie. Moi je vous ai remarqué et ce n'est pas rien (sic), sachez-le, j'ai un caractère remarquablement divin (sic) (sic) (sic) pour deviner ce genre de choses. Le don chez les autres. Car j'en ai moi-même un.

Bien à vous,

Sic. »

Monsieur Pirliput en 70 avait trente ans et c'était la première fois qu'il fumait un joint. Et il avait oublié après. La fêlure, le rire soudain, les yeux recroquevillés dans le cimetière blanc des filles s'appelaient Sophie à l'époque. Il avait fini postier dans une merde cinq ans après, il fallait mourrir Simone et Matthieu. Ce soir-là il oublia tout à fait la lettre, il pensa juste, soudain et très fort, à un joint. a lui revenait maintenant. Un joint. Il partit aux Halles, et acheta un joint tout fort à un pauvre type. Il le fuma longuement en regardant sa maison de Courbevoie. Le salon était petit, mais il y avait une fontaine qu'ils avaient faite construire par une japonaise d'intérieur à bas prix. La décoratrice avait des grands gestes violents pleins de karaté et de désarroi avant de désigner le mur comme seul ultime effroyable coupable. Puis elle avait creusé les doigts, muscles. Très ferme, elle avait indiqué un autre mur, bouleversant leurs futurs furoncles. Simone s'appelait Simone et c'était pas facile à porter, sauf pour Matthieu qui s'appelait Matthieu et avait béni sa mère depuis le premier regard sachant que son nom faisait partie de sa peau et qu'à sa peau il pardonnerait toute sa vie entière même pour un poisson.

Elle s'infiltra en morse dans son frigidaire. Simone ? elle s'infiltra dans le frigidaire avec ses mots comme quoi il mangeait pas assez bien, avec sa polyarthrite rhumatoïde et sa future probable mort. Il la sentait à chaque recoin de camembert et surtout dans la vinasse mal nettoyée du compartiment légumes. Il tira sur le joint, à déambuler dans les pièces et la chambre de Matthieu qu'il n'avait plus vu depuis l'hôpital. Matthieu avait disparu depuis ses vingt ans, majeur, on ne pouvait rien pour lui chez la police. Majeur, il a juste quitté le nid, qu'ils ont dit très suspicieux, comme s'il venait de battre Matthieu dans l'après-midi. Mais il l'avait pas battu, il avait juste rien fait de sa vie. C'est ce qu'il se disait maintenant. Qu'était devenu Majeur.

Majeur était peut-être devenu une Sale Merde. Peut-être que Majeur n'avait pas supporté l'affront de la solitude en hôpital et Simone qui ne pouvait rien faire. Fallait la voir se mourir de tiédeur au crépuscule d'avril, pleurant sa douleur et son hébétude d'être mère d'un frappé. Il osait à peine la toucher car il avait peur, elle se rompait en sourdine sur les bancs dans Paris l'été, ils contemplaient le périph circulaire abîmés. Une montagne d'os grelottait dans la carcasse de Simone, elle foutait des claques à ses dents des poules à sa chair elle relevait soudain le visage dans le crépuscule du printemps et elle disait sers-moi encore, ils avaient toujours été des gens simples, avec le temps ils étaient devenus simplement concassés.

Ils marchaient pantelants serrant le poing dans leurs poches et leur ombre pocharde qu'ils avaient foutue là, ramassée en bouillie près des clés des tickets. Ils actionnaient l'alarme du métro pour rien, ils traversaient quand c'était vert, ils s'allongeaient dans les déserts, ils entraient chez des inconnus, ils frappaient le carrelage de leurs poumons violets, ils s'abîmaient la nuque dans des bars de quartier, ils se flétrissaient l'absolu dans les parcs environnants, ils criaient dieu pour les voir pâlir, ils criaient suce-moi pour que dieu vienne pas, ils criaient un peu n'importe quoi ça faisait des claques ils saignaient partout des fois ils se tenaient par la main mais ça avait vite disparu ils criaient l'enfance et la gestapo et la disparition, ils s'enfournaient chez les autres et juxtaposaient leurs membres aux couteaux en léopard, ils marchaient ainsi continuellement comme des savons, Simone avait un bébé dans le ventre, ça les rendait présentables Simone avait le feu au cul, ça se détériorait dans leur vie cette glande qu'ils n'auraient jamais dû avoir, ça se détériorait cette douleur, mais quoi ? aurait peut-être dit Sale Merde, son fils et que devenait Sale Merde qui les avait abandonnés ? Peut-être aurait-il dit : ce n'est rien : un enfant est la plus cruelle des choses au monde, je vous ai épargné mon regard.

Monsieur Pirliput s'activait le poignet les heures s'étouffaient à califourchon sur sa transcendance.

Nous pouvons mentir se dit Pirliput. Nous pouvons mentir. Et mon fils actuellement ment. Mais où, et à qui.
derrière les globes bourdonne un peu
la réverbération nocive de mes réflexes

pourtant l'impulsion propagée
sous une chaos-porteuse se
perpétue suave
n'est-ce d'ailleurs plus qu'un signal
un algorithme démodulé dans le bourbier libraire
(injectez-moi)
avant que létale ne s'estompe
la voix qu'interlace le vide
dans cette urgence péremptoire
Vouloir signifier ne serait-ce
Qu'une cohésion à laquelle
Vouloir sacrifier des sur-réels faciles

Invoquer un rythme
Y
Immoler l'idée
La joue aplatie droite sur l'oreiller - suite.

Donc posée en tranches sur un banc elle compte ses doigts.


N'avons-nous donc connu personne
pour écrire ici comme si
les lendemains
dépendaient d'un mot

Elle dira jusqu'au bout au manège (Saint-Paul) que la

la fuite et le sale temps
du type à ma gauche
me frappe de son crâne
dans les métros replié le drame
du t'as pas une clope perpétuel
sur le banc des phalanges crasses
les dérives sèches
de demain m'indiffère

Il n'y a pour elle

qu'un souffle à faire
pour que l'autrefois minute
les triples contractions
des familistères
triple amputation
des racines secondaires
le cercueil rouillé des chauves
syntaxes borgnes
des illuminés
à cafard sur le mystère
des façades obscures.

Jusqu'ici les choses sont stériles.

Germination des paradoxes
au distique évidé
l'hémistiche limaçon
gène de l'érosion
dans les seins mécaniques
d'humides congrégations
surface d'extrême-onction
de la matière livre
trépanation du canal
semi-circulaire
affectation de l'ordinaire
que l'on ne pas
solution crevée
des fracas grillagés
beuglement des cygnes
costumes de crépuscule
infection amorphe
des chiens tétraptères
des crieurs ordinaires
organe des séismes
dans les fraudes congelées
utérus blanchâtres
brumes synthétiques
cycles encaustiqués
de la poire sébacée
train de sentiments
que l'on n'éprouve pas
sonorités siccatives
des publicités polies
carcasses des becs béants
au milieu d'un temps sans bords.

Elle s'est énervée.

N'avons-nous donc connu personne
pour frémir ici comme si
les lendemains
dépendaient d'un sale mot
ivre et borgne
saluer le chômage crayeux
des cicatrices de paille
les soupirs
posés en taches rondes
sur les balafres des ruptures
jusqu'à l'obtention d'une plaie ordinaire.

Elle ne voudrait pas un jour qu'on pense que c'était une histoire de rupture, mais qu'on pense que c'était plutôt une histoire de pollution juste histoire que les choses ne disent plus rien. Que la balance s'obscurcisse. Que personne ne s'en sente touché, que personne ne reluise.
de l'autre
si la mue ne
se présage
ni laisse
alors le long du
le regard va suivre
encore comme un aruspice d'écorce puis dans les branches des membres décharnés
aux doigts-cadrans indiquant la mise en mouvement des ailes mortes
quand dans le contre-jour traversent et que mille
prennent leur éclipse rapide virent à l'unisson dans une clameur contre l'air
Carcasses désaffectées - note 352


John Bastard-A-K me contacta vers cinq heures du matin, il dit : je peux passer ? je dis oui, il se cogna à ma porte d'entrée quelques instants plus tard, me présentant cinglé son front tuméfié, de gauche à droite sa tête comme un poulain dévitalisé, et alors, d'une façon époustouflante un flot jaillit de ses lèvres, il ne s'interrompait plus, je restais vissé au plancher :

« J'ai vu un article sur le galeriste, Perrotin, le mec de la rue Louise Weiss et de la rue de Turenne. 700m2 là-bas... et la photo d'un artiste, qui fait des trucs gentils, genre conceptuels, maquettes, "créateur de mobiles" (structures avec du fil plastique support, trame des noeuds et des perles)... moi je réfléchis : créateur de mobiles, si c'est pas de la supercherie... enfin tu marches dans la galerie, je l'ai vu son boulot, tu te prends sa supercherie dans la gueule, c'est presque transparent alors tu vois pas grand chose, c'est un peu moche... donc j'essaie encore de réfléchir, et je me demande si c'est sérieux ou si c'est encore du discours, s'il se fout pas un peu de ma gueule pour que j'émette des théories, s'il se rebondit dessus, ou si, bon, des Ah et Oh simplement ébahis devant certes une certaine complexité au sein de la conception-même du mobile indéniable font la postérité de cet "artiste" propulsé par le GRAND GALERISTE PERROTIN. Je te prends, je te fais, ou je te pousse. Je voudrais pas mal penser. Mais bon. Y'a souvent des blablas. Et là-bas, toujours cet espèce de menton levé, haut jugement, critique, savoir résolu... oui, savoir résolu, c'est tout à fait ça... on, l'art, c'est rien que du plan, en fait, comme les dessins techniques, des explications (le support est créé par l'auteur afin qu'il puisse faire de son explication le vecteur médiatique qui enflera ses initiales. et puis les gens écoutent et disent Oh, il faut aller voir). Pub crousti chaud les fils de fromage qui fument. Comment dicter la curiosité, c'est atroce. Comment suggérer ce qui est bon ou pas. Comment abrutir. vendre.... je suis dans une impasse avec cette société. MERDE. C'est lourd. J'ai mal au dos. J'ai pas le droit d'avoir mal au dos. J'ai de la chance, pas le choix et pas le droit, pour la liberté. La contrainte ouvre la liberté. Tu crois ? Tu crois que c'est faisable, notre élan vers tout ça ? TU PEUX ME DIRE POURQUOI JE ME POSE ENCORE DES QUESTIONS ?... t'es vivant, hein, t'es vivant ?

Alors je ne répondis rien, c'était délicat cette question, je m'étais évincé de cette course-poursuite depuis un an, j'avais tout viré, démoniaque, les yeux de travers. Quelques larmes montèrent, vivant je ne sais pas bien, ça s'est évanoui avec le temps, je passe mes soirées la tête plongée dans l'évier à contempler le siphon, à barboter comme une langouste îvre morte, à humer le plafond, à être fou, à être fou mon ami, j'ai eu beau prendre dans mes bras, aucun corps ne m'attache plus, tout s'est évanoui, des citadelles d'as de curs que j'avais empilées consciencieusement, j'avais appliqué ma leçon et puis un souffle d'humain les a emportées, non je ne suis pas franchement vivant, pas franchement mort, je suis là pilier d'angoisse planté dans les carrefours la nuit à contempler les phares et les traînées gauches, à guetter les hommes dans le métro et ces quelques figures, ces gestes imperceptibles, à décortiquer ces surfaces, à essayer de comprendre, je fais des allers et retours dans le métro, dix d'affilée parfois, Pont de Sèvres-Mairie de Montreuil, et puis Mairie de Montreuil-Pont de Sèvres, et puis Pont de Sèvres-Mairie de Montreuil, et encore Mairie de Montreuil-Pont de Sèvres, jusqu'à ce que le roulis me gagne et que je balance comme un train déraillé et que je sois hors-circuit et que je sois devenu une valeur périmée et non ajoutée, que je sois devenu la foule, que je sois devenu un peu rien, en paix et en silence, un clandestin, sans adresse sauf un strapontin.

Alors je répondis rien.

Putain, ça va durer encore combien de temps la vie ? qu'il me dit.

Et juste après, il se cogna six ou sept fois la tête contre le mur puis il se jeta du balcon.
J'habitais au rez-de-chaussée, il me gueula dessus.
La joue aplatie droite sur l'oreiller - suite.

Donc posée en tranches sur un banc elle compte ses doigts.


N'avons-nous donc connu personne
pour écrire ici comme si
les lendemains
dépendaient d'un mot

Elle dira jusqu'au bout au manège (Saint-Paul) que la

la fuite et le sale temps
du type à ma gauche
me frappe de son crâne
dans les métros replié le drame
du t'as pas une clope perpétuel
sur le banc des phalanges crasses
les dérives sèches
de demain m'indiffère

Il n'y a pour elle

qu'un souffle à faire
pour que l'autrefois minute
les triples contractions
des familistères
triple amputation
des racines secondaires
le cercueil rouillé des chauves
syntaxes borgnes
des illuminés
à cafard sur le mystère
des façades obscures.

Jusqu'ici les choses sont stériles.

Germination des paradoxes
au distique évidé
l'hémistiche limaçon
gène de l'érosion
dans les seins mécaniques
d'humides congrégations
surface d'extrême-onction
de la matière livre
trépanation du canal
semi-circulaire
affectation de l'ordinaire
que l'on ne pas
solution crevée
des fracas grillagés
beuglement des cygnes
costumes de crépuscule
infection amorphe
des chiens tétraptères
des crieurs ordinaires
organe des séismes
dans les fraudes congelées
utérus blanchâtres
brumes synthétiques
cycles encaustiqués
de la poire sébacée
train de sentiments
que l'on n'éprouve pas
sonorités siccatives
des publicités polies
carcasses des becs béants
au milieu d'un temps sans bords.

Elle s'est énervée.

N'avons-nous donc connu personne
pour frémir ici comme si
les lendemains
dépendaient d'un sale mot
ivre et borgne
saluer le chômage crayeux
des cicatrices de paille
les soupirs
posés en taches rondes
sur les balafres des ruptures
jusqu'à l'obtention d'une plaie ordinaire.

Elle ne voudrait pas un jour qu'on pense que c'était une histoire de rupture, mais qu'on pense que c'était plutôt une histoire de pollution juste histoire que les choses ne disent plus rien. Que la balance s'obscurcisse. Que personne ne s'en sente touché, que personne ne reluise.
Entité sioniste en Cisjordanie le soleil se soulève les abords de Seine Paris crache : entité sioniste en Cisjordanie il entame des négociations accélérées pour la formation d'un gouvernement de coalition au bout de sa rue, la rue du Temple. Il négocie une jupe et un croissant. Il longe l'hôpital Hassadah dans les yeux de la fille parfaitement accessible, déjà ouverte. Il suffit de parler, et c'est un réflexe de survie qu'on cultive ils sont niais et innocents. Les dons d'organe ne sont qu'un exemple d'une collaboration médicale croissante qui colore un peu d'espoir cette région explosive qu'est Danger. « MINISRAEL : Tout Israël en miniature ! » Israël en carton miniature dans sa tête qui vient colorer la fille de sa vie caramel à passer ses yeux dans les beef-steaks décolorés au sol, giclés des bus. La fille est parisienne et très sensible, elle s'écarte. Elle est le paysage d'Israël revenu d'ailleurs. La terre d'asile d'Israël. a va chier maintenant, ce qu'il s'était dit en arrivant ici à dix-huit ans.

Je t'aime, est-ce que tu comprends comme je t'aime et comme je te connais depuis toujours. N'écoute pas mes mots, est-ce que tu comprends comme je t'aime, ne m'écoute surtout pas, garde juste ma silhouette et comment je t'ai regardé ; je t'aime déjà. Est-ce que tu le comprends. Est-ce que tu te demandes comme moi ce que ça veut dire, et comment par périodes le chemin finit par se raccourcir, comme on est des erreurs étranglées. Je t'aime, à quoi tu penses. Est-ce que tu penses à moi. Est-ce que tu y penses comme j'y pense, abîmée à l'extérieur, le corps ouvert au vent, engouffré de la ville. Je t'aime est-ce que tu m'as redessinée ou est-ce que tu penses à moi sans avoir mis de mots là-dessus sans m'avoir redessinée, je t'aime, je t'aime déjà est-ce que tu penses à moi et comment tu y penses, est-ce que tu penses que les corps s'interchangent, est-ce que tu penses que nous valons une somme d'argent, de dons et de talents, d'argent, ou est-ce que tu penses qu'il n'y a que des âmes je t'aime est-ce que tu comprends, est-ce que tu penses à moi, comment tu y penses, où es-tu maintenant, est-ce que tu penses à moi, est-ce que tu gardes comme moi le souvenir d'une rupture avant même qu'on se soit connus, est-ce que tu m'a redessinée est-ce que tu as fait cette erreur alors que moi je t'ai toujours pensé avec humilité sans rien garder d'autre que tes paroles ce que tu montrais c'est-à-dire pas grand-chose. Est-ce que tu as eu cette humilité de garder pas grand-chose de moi, comme moi je n'ai rien pris de toi, sans me redessiner, est-ce que tu n'as jamais vu rien d'autre en moi que les bribes que j'ai données et mes yeux c'est-à-dire pas grand-chose, ou est-ce que tu as eu besoin de me réinventer pour mieux masquer ta solitude est-ce que tu m'aimes je t'aime déjà est-ce que tu penses à moi et comment tu y penses et qui tu es parce qu'on ne se connaît pas. Est-ce que tu te satisfais de ça ou est-ce que tous les soirs tu penses à ce truc qu'on a laissé et ta stupidité, ton âme étiolée qui joue, qui est suspecte et qui a peur, est-ce que tu comprends que tu as peur et moi aussi, est-ce que tu comprends que je me suis vue dans tes yeux, est-ce que tu comprends qu'on est pareil, tu le sais n'est-ce-pas, bien sûr que tu le sens. Est-ce que tu y penses, ou est-ce que tu penses juste à mon cul et tes statistiques dans les chemins de ta banque. Est-ce que tu es stupide, est-ce que tu es comme tous les autres, est-ce que tu es surfait, est-ce que tu penses qu'est-ce que tu penses est-ce que tu sais que je brûle, que je brûle. Est-ce que tu sais que je te laisserai jamais venir en moi. Parce que je brûle et que toi t'as même pas la conviction de brûler devant moi. Est-ce que tu penses que je vois pas tout. Est-ce que tu penses que je te juge ? Tu sais c'était rien, je juge personne, sûrement moins que d'autres, alors m'écoute pas, bien sûr que je te juge pas, tu connais le all for one de James Brown, c'est extraordinaire, c'est un patchwork, le James nous refourgue des passages connus, mais il y a des instants à hauts degrés tu sais je t'aime ; mine de rien et t'es qu'un minable tu sais moi qui je suis pour dire ça ? rien tu sais, on s'est vus tellement minables dans nos yeux, tu sais le champagne, tu sais comme je savais rien dire, tu sais comme on se connaît pas est-ce que tu penses à moi tu sais pas, tu sais rien du tout je t'aime. Tu penses qu'on peut se reposer la terre entière les genoux abîmés dans l'inconnu ? T'es prêt à faire ce sacrifice toi ? Ou est-ce que tu penses qu'on est juste bons à baiser toi et moi, à être des misérables caricatures d'êtres humains et d'amour, à se colporter se radiographer dans des lits blancs, est-ce que tu penses qu'on est des photocopies ? tu sais je t'aime point et tu sais je sais rien, je sais juste que j'ai battu et que t'es bon à abattre parce que ça me fait plaisir parce que ça m'évite de penser à toi et à moi-même. Est-ce que t'as battu toi-aussi, est-ce que tu penses à moi, et comment, est-ce que tu me redessines, ou est-ce que tu as su, et qui tu es, et comment tu vis, est-ce que tu pleures des fois. Je t'aime. Tu sais c'est fou comme on s'abîme et qu'on cherche des choses qui nous ressemblent et qui nous rassemblent, tu sais c'est fou comme les gens ont peur ils ont de la bave blanche à la place du cur ils aiment épileptiquement tu sais c'est fou comme chacun vibre sans le dire à l'autre et ce qu'on se rate, et comme on se dit et qui tu es toi. Je t'aime. Tu sais, je vais penser toute la nuit comme ça, tu sais, est-ce que tu penses à moi et comment. Et comment tu y penses, c'est surtout ça l'important, comment. Tu sais je suis une malade j'ai des yeux fiévreux tu vivrais pas bien avec moi, tu sais que j'ai les yeux bioniques ? Que je te vois comme tu t'es jamais vu ? que je suis tellement sensible que je vois les gens comme jamais ils se sont vus ? Tu sais que ça fait mal ? Que je peux te faire du mal ? Je te pardonnerai pas, c'est pour ça que je suis partie, t'as dû te retrouver comme un con, je suis désolée c'était pas le but. Je t'ai envoyé bouler au troisième quart d'heure parce que les façades m'insupportent, tu sais j'aime pas le faux et je sais que t'es pas faux, m'écoute pas je voulais te faire peur, je voulais que tu t'en ailles le plus loin possible, très loin, tu sais je t'aime pas, va pas croire, je t'aime pas du tout, non, vraiment pas. T'as tellement peur tu sais, tu vis tellement pas tu sais, tu connais James Brown ? All for one ? Tu penses que des gens peuvent se rassembler et se foutre leurs dix mains sur les poignets en beuglant all for one ? Genre ils s'aiment ? Tu penses ou pas. T'es qui toi d'abord, je me souviens pas de ton nom. Si je sais comment tu t'appelles, je retiens tout, je suis une malade, tu peux pas savoir comme ma vie est une enquête et comme chaque personne ne s'oublie jamais je vis avec des fantômes, tu sais ça toi ? Oui tu sais, t'as vécu en Israël avec des cadavres de bus, t'étais un malade, t'avais ta jeunesse, là ; à baiser partout comme un porc des fois que la vie se finisse trop vite. T'es un chien, tu sais ça ? Tu me regardes comme un chien. Tu me regardes trop, là, tout de suite, tu transpires. Je t'aime, mais faut voir comme je pourrais te détraquer, tu sais j'ai pas l'oxygène facile, tu dois savoir ça toi : on m'a foutu des bombes à chaque clavier, dans les poubelles, et dans mes bus, tu sais. Tu penses à moi ou bien ? T'es qui ? T'es qui derrière tes sourires ? Est-ce que tu penses, est-ce que tu pleures, de quoi, est-ce que les êtres te font mal, est-ce que tu vis encore ou est-ce que t'es une statue, est-ce que tu as roulé comme une pierre ou est-ce que tu es si meurtri que tu pourrais offrir ta vision aux aveugles, qui tu es, est-ce que tu partages, est-ce que tu vis, est-ce que t'es frappadingue ou simplement réfrigéré dans un parking, le parking de ta vie sans rien avoir vécu, est-ce que tu te gares ou est-ce que tu vis à 180, qu'est-ce que tu vis je voudrais savoir, je voudrais tellement savoir tout de toi, je voudrais tellement être là pour toi, te recueillir là et que tu te reposes enfin, j'aimerais tellement que tu t'oublies et que tu oublies mon image et ce qui a pu te paraître de moi, tu sais on s'aime déjà et les humains c'est de la connerie, tu le sais bien toi sous les bombes, tu le sais bien avec tes bus. Tu sais bien tout ça. On sait bien ce qui nous arrive. Tu connais Janis Joplin ? Tu connais quoi ? Tu connais rien. T'es là. Interrogatif. guetter le meilleur chez les autres. Et c'est pour ça que je suis partie. Tu guettais le meilleur chez moi. Mais c'est tellement facile d'être extraordinaire. Moi je cherche une personne qui renifle mes ordures. Je sais pas si tu peux comprendre.
de l'autre
si la mue ne
se présage
ni laisse
alors le long du
le regard va suivre
encore comme un aruspice d'écorce puis dans les branches des membres décharnés
aux doigts-cadrans indiquant la mise en mouvement des ailes mortes
quand dans le contre-jour traversent et que mille
prennent leur éclipse rapide virent à l'unisson dans une clameur contre l'air
Le chien de ta mére, le chien de ta sur, le chien de ta gazinière, coupe les aérations je t'asphyxierai, nous deux tranquilles démesurés simulacres pré-individuels, le chien de mon oncle, le chien de tes aboiements, le chien de tes leurres, le chien de tes rires, attendre la queue basse, le chien de l'amer, le chien du labeur, le chien de tes poussières, le chien de mon nom, le chien de tes affolements, le chien de ta peur, le chien de tes prisons, le chien de tes cris, le chien de ton cul, le chien comme un mur, le chien comme un front rentré aux vitres, un enfant rentré vite comme un Nom, à batardiser l'impossible : finir en devenir, ligne droite illimitée, alors le corps devient le monde, passion et fonder la liberté, le chien d'une fenêtre, le chien d'un vide et d'un ciel, d'un cruel, le chien de ta langue, gangue fange, le cri de ma guerre, le chien de ta merde, le chien de ta sueur, le chien mortifère, le chien de tes stups, le chien de tes chatoiements, à rire, l'ouïe, l'insensée, le soleil fruit pourri chaque matin dans tes yeux, moi : à vouloir l'arracher et faire un peu de lumière, le chien de tes souvenirs « ma chérie », le chien de nos connivences, le chien de mes turbulences, agonisons, bâtissons des rivières s'endort le chien, le chien de mon chien, le chien de mon chien, le chien de mon chien, et que reste-t-il à la fin, le chien de mon chien, le chien de ton cul, le chien d'une baise, le chien d'une bouteille, le chien d'un désert, une gueule dont on s'abreuve, déversoir impuissant de lunes détruites et d'aurores persistantes, à cracher du pareil, ou du neuf, du pré-existant. Le chien de ma demeure de ma chienne de mes persiennes, le chien de mon usurpation, de ma trahison, le chien à la truffe branlante et la queue pendante, le chien à la gueule qui boit des trépas des sniff-ah des / ferme ta gueule. Ferme ta gueule. Rentrer la queue basse, feuler la Bleue crasse, miauler ta gueule strass, shit, SHIT.

Battre l'exprimé mon chien, tu me diras.
Temps (Merci de bien vouloir y mettre une majuscule)
Siècle
fuite
Nuit (Merci de bien vouloir y accoler systématiquement l'adjectif « noire »)
Mort (la) (Merci de bien vouloir y mettre une majuscule)
Tombe(s)/tombeau(x)
heure(s)
vent
Passé/ Présent (Merci de bien vouloir y mettre des majuscules)
Autrefois/Demain (Merci de bien vouloir y mettre des majuscules)
amour
bouche/sang/veines/coeur/corps/chair/oeil/main
solitude (vous êtes seul contre tous) (tous est indéterminé, sans importance)
révolte
monde
Vide (le) (Merci de bien vouloir y mettre une majuscule)
crire/criture (l') (Merci de bien vouloir y mettre des majuscules)
Langue/Verbe (Merci de bien vouloir y mettre des majuscules)
entendement/conscience/raison/imagination (en saupoudrer le tout aléatoirement)
Homme (Merci de bien vouloir y mettre une majuscule)
absence
Mot (Merci de bien vouloir y mettre une majuscule)
mémoire
mère(s)/père(s)/enfant(s)
horizon/Espace/Terre
pluie/eau/mer/océan/vagues
ciel/nuages/arbre(s)
route(s)/rue(s)/ville
mur(s)
horizontalité/verticalité (termes mélodieux et pratiques car pouvant auréoler le tout d'une vague substance intellectuelle)
silence
voix
CRI (N'oubliez surtout pas cet élément capital ! que vous utiliserez de préférence systématiquement accouplé au mot « Silence » ou « muet ») (vous pouvez même parler de « Silence muet ») (« Mon cri dans ce silence muet »)
Pierre(s)
« Mon Travail » (expression capitale) (« Mon Travail s'oriente essentiellement vers »).
GUERRE (essentiel)
DIEU(X) (essentiel)
Absolu
lumière/ombre ; vérité/mensonge ; passion/haine/amour/désir ; lenteur/vitesse, etc.

Nous rappelons qu'il est nécessaire, afin de procurer l'illusion de la diversité dans
votre langage procuré par votre tout nouveau générateur de phrases d'y insérer quelques mots savants et compliqués glanés au hasard de vos lectures dont vous aurez préalablement vérifié le sens dans le dictionnaire.

Conseils : Il est conseillé de jouer avec les antonymes, comme ci-après :

« Autrefois sera demain et demain ne sera jamais le présent d'autrefois qui ne sera plus passé ». (Ceci n'est formulé qu'à titre d'exemple).

« La lumière de ton ombre sera plus que jamais demain l'autrefois de mon présent. »
(Ceci n'est formulé qu'à titre d'exemple).

« La verticalité d'une heure sans temps ». (Ceci n'est formulé qu'à titre d'exemple).

Exercice pratique : composez trois textes courts en prose s'articulant autour des mots : vide, horizon, guerre, océan, monde, absence, nuit, pierre.

Réponses :
1. Dans le vide de l'horizon roucoule un monde en guerre où la pierre ne connaît plus la nuit seulement des océans d'absence.
2. Horizon_je n'ai plus d'océan_que ton absence, à scruter la nuit dans les_pierres de la ville, je ne cesse de faire la guerre à ce monde qui est si vide sans moi. Toi. Hum. toi.
3. L'océan de ma vie ne reflète qu'une guerre des mondes toujours plus coupante, comme les pierres, en ton absence qui me claque de nuits. L'horizon et le vide sont remplis de contractions.

Exercice panique : composez un texte final avec les 73 mots de votre nouveau générateur de phrases.

Réponse :

Dans ma bouche_le Temps s'accomplit
Et les rictus_des saisons vengent le Siècle_
La nuit noire peuple d'enfants ton Absence_
Le tombeau des heures pendule mes veines_
Le monde_sourde révolte_ somnole en apnée
Dans l'océan du Verbe, la mémoire de nos pères_
Fléchit l'horizon érosion de nos consciences
_L'homme somni-fer_consécration d'un passé sans visage_
L'oeil en carton posé sur les mains_
Comme des neiges_dans les arbres de nos solitudes_
L'amour sec comme une plateforme de désillusions_
L'estomac pendaison_des dieux informes_
L'horizontalité de nos veines_perforant le chemin_
Et la pluie dans tes mains_comme le mensonge du ciel_
Le corps fait de pain de didacticiels illogismes_
L'criture me pulse_je ne dors plus_je suis le torrent du Verbe_
Et la passion des nuages_sous ta peau_
Une vague profonde de maux sans mots_et d'écrits vains sans vin_
La verticalité des murs se dressent_dans le vide_
Je me battrai d'écume_les abattrai d'amertume_
L'espace autour_déclivé_l'apesanteur sonnée_
De nos âmes_dans les trous de la ville_
comme des cris_dans le silence des ciments_
Autrefois ne sera jamais qu'un demain sans présent_
Nos chairs battront de l'oeil_en guerre contre l'ombre_
Lumières jusqu'à l'infini_passions jusqu'à se rompre_
De nos_langues_sans raison.

_

_
_
_ _ _ (Le générateur de phrases vous prie de cesser immédiatement vos underscore. L'exercice est fini).

_
_
_ (Le générateur de phrases vous prie de cesser immédiatement).
__



Nous vous annonçons que vous avez réussi brillamment l'exercice, ayant même pris la liberté de nous bâtir une superbe allitération « horizon érosion » ainsi qu'un brillant jeu de mots vide « somni-fer ». a y est. Vous y êtes.

Nous allons passer maintenant à l'étape suivante. Votre carte de visite.

Vous devrez choisir entre trois dénominations, au choix : « écrivain », « poète » ou « auteur ».

Pressez sur la touche étoile si vous souhaitez être « poète ».
Pressez sur la touche dièse, si vous souhaitez être « écrivain ».
Pressez sur la touche 1, si vous souhaitez être « auteur ».

Maintenant, souriez à la caméra. D'un air profondément absorbé par l'horizon du ciel. Vous n'êtes pas là. Répétez après moi : vous n'êtes pas là. Vous avez renoncé à vous-même. Souriez. Ayez l'air inquiet/crispé/le front soucieux.

Maintenant pressez sur la touche 2. Est-ce que vous baisez. Je répète, est-ce que vous baisez ? Flattez-moi. Est-ce que vous baisez ? Flattez-moi. Est-ce que vous baisez. Je répète, est-ce que vous baisez ?

Pressez sur la touche 3. Votre vanité sortira bientôt automatiquement de votre bouche à chaque fois que vous l'ouvrirez.
eeearsbleed eeecrymto iiitchyochord-ite
sounds of/f : re/v/p/ulse eyes
dye in black : don't
edgy dynamic scream/stream

this is my frozen shit generator
this is prurit artificiel
projekt artrite fucker
this is insekto glitchy dementia

dans ce petit récipient qui précède le drone : l'abcès de l'intellectualisation

pour preuve le pays qu'on n'atteindra jamais we'll never reach à l'abolition des frontières les eldorados déchantent golden lands are falling reste l'immersion dans les drones in drones remains

solitudes sauvages shoegaze jusqu'aux rétines entées dans les grisailles aliénantes
La joue aplatie droite sur l'oreiller - suite.

Donc posée en tranches sur un banc elle compte ses doigts.


N'avons-nous donc connu personne
pour écrire ici comme si
les lendemains
dépendaient d'un mot

Elle dira jusqu'au bout au manège (Saint-Paul) que la

la fuite et le sale temps
du type à ma gauche
me frappe de son crâne
dans les métros replié le drame
du t'as pas une clope perpétuel
sur le banc des phalanges crasses
les dérives sèches
de demain m'indiffère

Il n'y a pour elle

qu'un souffle à faire
pour que l'autrefois minute
les triples contractions
des familistères
triple amputation
des racines secondaires
le cercueil rouillé des chauves
syntaxes borgnes
des illuminés
à cafard sur le mystère
des façades obscures.

Jusqu'ici les choses sont stériles.

Germination des paradoxes
au distique évidé
l'hémistiche limaçon
gène de l'érosion
dans les seins mécaniques
d'humides congrégations
surface d'extrême-onction
de la matière livre
trépanation du canal
semi-circulaire
affectation de l'ordinaire
que l'on ne pas
solution crevée
des fracas grillagés
beuglement des cygnes
costumes de crépuscule
infection amorphe
des chiens tétraptères
des crieurs ordinaires
organe des séismes
dans les fraudes congelées
utérus blanchâtres
brumes synthétiques
cycles encaustiqués
de la poire sébacée
train de sentiments
que l'on n'éprouve pas
sonorités siccatives
des publicités polies
carcasses des becs béants
au milieu d'un temps sans bords.

Elle s'est énervée.

N'avons-nous donc connu personne
pour frémir ici comme si
les lendemains
dépendaient d'un sale mot
ivre et borgne
saluer le chômage crayeux
des cicatrices de paille
les soupirs
posés en taches rondes
sur les balafres des ruptures
jusqu'à l'obtention d'une plaie ordinaire.

Elle ne voudrait pas un jour qu'on pense que c'était une histoire de rupture, mais qu'on pense que c'était plutôt une histoire de pollution juste histoire que les choses ne disent plus rien. Que la balance s'obscurcisse. Que personne ne s'en sente touché, que personne ne reluise.
Le chien de ta mére, le chien de ta sur, le chien de ta gazinière, coupe les aérations je t'asphyxierai, nous deux tranquilles démesurés simulacres pré-individuels, le chien de mon oncle, le chien de tes aboiements, le chien de tes leurres, le chien de tes rires, attendre la queue basse, le chien de l'amer, le chien du labeur, le chien de tes poussières, le chien de mon nom, le chien de tes affolements, le chien de ta peur, le chien de tes prisons, le chien de tes cris, le chien de ton cul, le chien comme un mur, le chien comme un front rentré aux vitres, un enfant rentré vite comme un Nom, à batardiser l'impossible : finir en devenir, ligne droite illimitée, alors le corps devient le monde, passion et fonder la liberté, le chien d'une fenêtre, le chien d'un vide et d'un ciel, d'un cruel, le chien de ta langue, gangue fange, le cri de ma guerre, le chien de ta merde, le chien de ta sueur, le chien mortifère, le chien de tes stups, le chien de tes chatoiements, à rire, l'ouïe, l'insensée, le soleil fruit pourri chaque matin dans tes yeux, moi : à vouloir l'arracher et faire un peu de lumière, le chien de tes souvenirs « ma chérie », le chien de nos connivences, le chien de mes turbulences, agonisons, bâtissons des rivières s'endort le chien, le chien de mon chien, le chien de mon chien, le chien de mon chien, et que reste-t-il à la fin, le chien de mon chien, le chien de ton cul, le chien d'une baise, le chien d'une bouteille, le chien d'un désert, une gueule dont on s'abreuve, déversoir impuissant de lunes détruites et d'aurores persistantes, à cracher du pareil, ou du neuf, du pré-existant. Le chien de ma demeure de ma chienne de mes persiennes, le chien de mon usurpation, de ma trahison, le chien à la truffe branlante et la queue pendante, le chien à la gueule qui boit des trépas des sniff-ah des / ferme ta gueule. Ferme ta gueule. Rentrer la queue basse, feuler la Bleue crasse, miauler ta gueule strass, shit, SHIT.

Battre l'exprimé mon chien, tu me diras.
"i do not want this"

j'ai vu cet envol comme mille défenestrations spontanées
une falaise de verre sur la peau
[au moment de l'en-gouffre palingénésie]
sur les murs jusqu'à pierre
on essuiera nos os

quelqu'un a écrit "géhenne" sur l'alphanumérique
et aujourd'hui une particule paranoïde
boucle probabiliste dans quelque cellule
capitonnée
et me murmure encore

j'aurais bien vu son sang noir remplir les sondes fêlées de l'envers gris cellulose
Il n'y a aucune corrélation possible entre un esprit sincère et un art fatigué.
Il n'y a aucune corrélation possible entre un esprit fatigué et un art sincère.
Il n'y a aucune corrélation possible entre un esprit insincère et un art énergique.
Il n'y a aucune corrélation possible entre la paranoïa et l'art.
Il n'y a aucune corrélation possible entre la frustration et l'art.
Il n'y a aucune corrélation possible entre la culpabilisation et l'art.
Il n'y a pas d'art, il n'y a que de la sincérité.
Il n'y a pas d'art, il n'y a que des refus de compromis.
L'art n'existe pas, juste des batailles en quelques points du temps, sans medium prédéterminé.
L'art est un mot général associé à des généralités.
Il n'y a de généralisations que chez ceux qui ne veulent pas voir.
Il n'y a de généralisations que chez ceux qui ne veulent pas savoir.
Il n'y a de généralisations que chez ceux qui ne veulent pas se voir.
Il n'y a de généralisations que chez ceux qui n'arrivent pas à être un.
Ne pas pouvoir être un, se venger de l'autre en le rendant multitude impersonnelle.
« L'art ne sert à rien, tout le monde est insincère ».
L'art n'existe pas, lard ne sert qu'à ceux qui y croient, ils ne croient pas en lard, ils croient en eux, lard c'est être. Croire en soi, n'est pas se crier avec une vanité morbide, c'est une direction qui n'a pas de sens, accepter de ne jamais avoir de sens et n'être rien ; accepter l'absurdité, l'affirmer, jouer avec l'absurdité, alors lard c'est être, oui mais affirmer être une écorce vacillante, sans honte, une oeuvre ne peut être que la vibration d'une fragilité, un vacillement, si elle exprime la vie. L'insincérité chez l'autre n'existe plus pour certains, dès lors que cet autre les caresse. Il y a méprise profonde sur le caractère intrinsèque de l'insincérité. L'insincérité ce n'est que ceux qui lèchent pour assouvir leurs désirs, leurs fantasmes sexuels, carriéristes. On aura plus tendance à dire d'un homme qu'il est « insincère » lorsqu'il se tait, plutôt que devant ceux qui vous font reluire le poil. L'estime d'une sincérité va de pair avec sa propre estime : plus on a de failles narcissiques, plus on assimilera la sincérité à ce qui va dans son sens.
La seule sincérité, c'est celle qui s'accroche, malgré les insultes.
Il n'y a aucune corrélation possible entre la suspicion et la création.
La suspicion ne se développe pas quand on fait quelque-chose de mal, mais quand on ne fait rien pour être aimé. Etre aimé c'est faire que l'autre s'aime, de ce fait il vous aime, car il vous est reconnaissant de l'avoir aidé à s'aimer un peu plus. Se faire aimer est simple : il suffit de lubrifier le narcissisme de l'autre. Ne pas vouloir être aimé l'est moins : on se méfie de vous.
Il n'y a aucun instinct de vie, qui puisse se développer sous un régime mac-carthiste.
Il est 17h56 et plus le monde bouge, plus mes pieds creusent la terre.
Il n'y a aucun espoir de retour devant les folies privées.
destruction des branches de satin
que j'avais tramées comme des aortes
les yeux de sable pour bien faire
on se croisait on se quittait
je ne me souviens que
trop bien

mais si seulement je pouvais suinter ça
je t'attendrais dehors pour le cracher
les mots d'avant et ceux d'après servent
bien sûr
à noyer
les autres
tu vois
ou pas
?

mon remède du milieu il se sucre d'amer
il y pousse même des petites fleurs
je ne voulais pas le refaire alors je l'ai fait pour ne pas avoir à le refaire alors je l'ai
tué il a fait un kyste entre

regarde je le perce transperce pire il me suinte
pour un temps profitons-en pour l'enfuir
nous offrir édentés au vent froid
raconter ce qu'on mord tous
à la fin
de l'autre
si la mue ne
se présage
ni laisse
alors le long du
le regard va suivre
encore comme un aruspice d'écorce puis dans les branches des membres décharnés
aux doigts-cadrans indiquant la mise en mouvement des ailes mortes
quand dans le contre-jour traversent et que mille
prennent leur éclipse rapide virent à l'unisson dans une clameur contre l'air
Monsieur Pirliput tape un texte. Il tape des textes toutes les joues, pour l'instant, puis pour lui. Monsieur Pirliput n'a pas d'espérance. Il est content. Dans sa cuisine à carreaux défaillants il n'écrit même pas pour son chat, l'odeur de la cafetière l'étripe. Monsieur Pirliput ne pense pas. De temps en temps il fébrile Eddie Bo.

Soudain un jour on écrit à monsieur Pirliput :

« Cher monsieur Pirliput, j'ai lu quelques-uns de vos derniers textes il me semble que c'est de la prose poétique d'après ce que j'ai pu en juger mais arrêtez-moi que je me rompe, je ne demande qu'à en avoir de plus amples explications j'ai donc retenu particulièrement l'un d'eux qui me semble pouvoir me faire vous dire que je vous encourage personnellement à continuer.

Bien à vous,

Sic. »

Monsieur Pirliput la jeta, pensant que c'était une lettre de la langue, il eut juste le temps d'entrevoir l'italique plaqué sur le personnellement.

Monsieur Pirliput continua. a jaillissait de sa tempe et ça venait se collusionner en bulldozers sur le parquet. Un vieux bloc de papier blanc fait pour les lessives du temps où Simone faisait des messes de motivation. Il commençait des histoires. Il ne se retournait jamais dessus, ne se relisait pas, aucune coalition personnelle, rien, il vivait juste, ou pas assez, ou peut-être trop mais cachets.

Un matin, il reçut une deuxième lettre.

« Cher monsieur Pirliput,

Je crois bon de noter que vous avez fait une inversion considérable dans l'avant-dernière phrase de votre trente-huitième texte, qui me fait penser à un distique épouvantable. Ne m'en voulez pas, je dis juste ça pour vous aider, sur ce long chemin douloureux qu'est l'écriture. C'est pour que vous vous amélioriez. Je vous encourage personnellement à continuer, comme je vous l'ai déjà dit. Je vous ai tout de suite remarqué, vous valez quelque-chose, bien que ce ne soit pas abouti, comme vous pouvez vous en douter vous avez encore des progrès à faire. »

Monsieur Pirliput eut soudain un bref hoquet, il oublia tout à fait la lettre, la posa dans un coin, préoccupé de son hoquet, se demandant bien comment il allait le juger.

N'observant qu'une souffrance du bout des doigts la sornette en expulsion comme si demain n'était, contemplant la douleur comme un jet de pellicule, à le contorsionner divinement.

Né collé, à l'asphalte, les papiers îvres, la lunette peinte, les lèvres carriées, les dents violettes ; né collé monsieur Pirliput s'en va maintenant dans les magasins un long chemin qu'il déteste à frôler les ménagères et les couples toute la brûme de ce qu'il a senti se dissiper un jour dans sa vie, les perles d'agathe de sa femme qu'elle lui collait entre les mocassins, le souffle diamanté de son âme tellement elle voulait ne rien ne pas casser les murs de la maison le bonheur tel qu'il les entourait. Les couples maintenant, qui font comme si rien n'existait, comme si tout se rachetait, le bonheur du lendemain accessible en tours de passe-passe l'horizon comme un poulpe. Des paquets d'Haribos et de Malabars dans les mains des enfants abrutis. Monsieur Pirliput pense à Matthieu. Matthieu Pirliput de son vrai nom, né collé. Trop collé à sa mère, il l'avait bien dit. On n'avait pas voulu le croire, on avait offert toujours plus de colle et l'enfant s'était détraqué désaxé aux seins de Simone la glue entre les dents son tarot pestilentiel de jeu de mots en braille dans les yeux collée sa soif. Monsieur Pirliput merde avait raté un pilier dans sa vie, il était sorti en braille du ventre obèse, en cloque de tout ce qui était prédit, depuis la nuit des temps, cramé, dandy encaustiqué, l'enfant du siècle, son enfant. avoir mal aux dents de la vie. Impuissant, il fit des rames.

« Cher monsieur Pirliput »

Cette fois, monsieur Pirliput se concentre et tente de faire aboutir les occlusions de l'inconnu dans son organisme. Il les dote de son humanité.

« Cher monsieur Pirliput,

J'ai cru bon noter que vous vous orientiez vers la dérive poétique et c'est à mon avis ce qui semble constituer votre uvre depuis son début d'après mes analyses mais me permettez-vous de vous conseiller de vous orienter vers un chemin plus décent mêlant des perles de mots comme des abîmes (sic) je vous enjoins de vous parer de syphilis (sic) en ces beaux jours et de creuser cet essai philosophique (sic) (sic) écrit le douze, de persévérer dans cette voie. Moi je vous ai remarqué et ce n'est pas rien (sic), sachez-le, j'ai un caractère remarquablement divin (sic) (sic) (sic) pour deviner ce genre de choses. Le don chez les autres. Car j'en ai moi-même un.

Bien à vous,

Sic. »

Monsieur Pirliput en 70 avait trente ans et c'était la première fois qu'il fumait un joint. Et il avait oublié après. La fêlure, le rire soudain, les yeux recroquevillés dans le cimetière blanc des filles s'appelaient Sophie à l'époque. Il avait fini postier dans une merde cinq ans après, il fallait mourrir Simone et Matthieu. Ce soir-là il oublia tout à fait la lettre, il pensa juste, soudain et très fort, à un joint. a lui revenait maintenant. Un joint. Il partit aux Halles, et acheta un joint tout fort à un pauvre type. Il le fuma longuement en regardant sa maison de Courbevoie. Le salon était petit, mais il y avait une fontaine qu'ils avaient faite construire par une japonaise d'intérieur à bas prix. La décoratrice avait des grands gestes violents pleins de karaté et de désarroi avant de désigner le mur comme seul ultime effroyable coupable. Puis elle avait creusé les doigts, muscles. Très ferme, elle avait indiqué un autre mur, bouleversant leurs futurs furoncles. Simone s'appelait Simone et c'était pas facile à porter, sauf pour Matthieu qui s'appelait Matthieu et avait béni sa mère depuis le premier regard sachant que son nom faisait partie de sa peau et qu'à sa peau il pardonnerait toute sa vie entière même pour un poisson.

Elle s'infiltra en morse dans son frigidaire. Simone ? elle s'infiltra dans le frigidaire avec ses mots comme quoi il mangeait pas assez bien, avec sa polyarthrite rhumatoïde et sa future probable mort. Il la sentait à chaque recoin de camembert et surtout dans la vinasse mal nettoyée du compartiment légumes. Il tira sur le joint, à déambuler dans les pièces et la chambre de Matthieu qu'il n'avait plus vu depuis l'hôpital. Matthieu avait disparu depuis ses vingt ans, majeur, on ne pouvait rien pour lui chez la police. Majeur, il a juste quitté le nid, qu'ils ont dit très suspicieux, comme s'il venait de battre Matthieu dans l'après-midi. Mais il l'avait pas battu, il avait juste rien fait de sa vie. C'est ce qu'il se disait maintenant. Qu'était devenu Majeur.

Majeur était peut-être devenu une Sale Merde. Peut-être que Majeur n'avait pas supporté l'affront de la solitude en hôpital et Simone qui ne pouvait rien faire. Fallait la voir se mourir de tiédeur au crépuscule d'avril, pleurant sa douleur et son hébétude d'être mère d'un frappé. Il osait à peine la toucher car il avait peur, elle se rompait en sourdine sur les bancs dans Paris l'été, ils contemplaient le périph circulaire abîmés. Une montagne d'os grelottait dans la carcasse de Simone, elle foutait des claques à ses dents des poules à sa chair elle relevait soudain le visage dans le crépuscule du printemps et elle disait sers-moi encore, ils avaient toujours été des gens simples, avec le temps ils étaient devenus simplement concassés.

Ils marchaient pantelants serrant le poing dans leurs poches et leur ombre pocharde qu'ils avaient foutue là, ramassée en bouillie près des clés des tickets. Ils actionnaient l'alarme du métro pour rien, ils traversaient quand c'était vert, ils s'allongeaient dans les déserts, ils entraient chez des inconnus, ils frappaient le carrelage de leurs poumons violets, ils s'abîmaient la nuque dans des bars de quartier, ils se flétrissaient l'absolu dans les parcs environnants, ils criaient dieu pour les voir pâlir, ils criaient suce-moi pour que dieu vienne pas, ils criaient un peu n'importe quoi ça faisait des claques ils saignaient partout des fois ils se tenaient par la main mais ça avait vite disparu ils criaient l'enfance et la gestapo et la disparition, ils s'enfournaient chez les autres et juxtaposaient leurs membres aux couteaux en léopard, ils marchaient ainsi continuellement comme des savons, Simone avait un bébé dans le ventre, ça les rendait présentables Simone avait le feu au cul, ça se détériorait dans leur vie cette glande qu'ils n'auraient jamais dû avoir, ça se détériorait cette douleur, mais quoi ? aurait peut-être dit Sale Merde, son fils et que devenait Sale Merde qui les avait abandonnés ? Peut-être aurait-il dit : ce n'est rien : un enfant est la plus cruelle des choses au monde, je vous ai épargné mon regard.

Monsieur Pirliput s'activait le poignet les heures s'étouffaient à califourchon sur sa transcendance.

Nous pouvons mentir se dit Pirliput. Nous pouvons mentir. Et mon fils actuellement ment. Mais où, et à qui.
Entité sioniste en Cisjordanie le soleil se soulève les abords de Seine Paris crache : entité sioniste en Cisjordanie il entame des négociations accélérées pour la formation d'un gouvernement de coalition au bout de sa rue, la rue du Temple. Il négocie une jupe et un croissant. Il longe l'hôpital Hassadah dans les yeux de la fille parfaitement accessible, déjà ouverte. Il suffit de parler, et c'est un réflexe de survie qu'on cultive ils sont niais et innocents. Les dons d'organe ne sont qu'un exemple d'une collaboration médicale croissante qui colore un peu d'espoir cette région explosive qu'est Danger. « MINISRAEL : Tout Israël en miniature ! » Israël en carton miniature dans sa tête qui vient colorer la fille de sa vie caramel à passer ses yeux dans les beef-steaks décolorés au sol, giclés des bus. La fille est parisienne et très sensible, elle s'écarte. Elle est le paysage d'Israël revenu d'ailleurs. La terre d'asile d'Israël. a va chier maintenant, ce qu'il s'était dit en arrivant ici à dix-huit ans.

Je t'aime, est-ce que tu comprends comme je t'aime et comme je te connais depuis toujours. N'écoute pas mes mots, est-ce que tu comprends comme je t'aime, ne m'écoute surtout pas, garde juste ma silhouette et comment je t'ai regardé ; je t'aime déjà. Est-ce que tu le comprends. Est-ce que tu te demandes comme moi ce que ça veut dire, et comment par périodes le chemin finit par se raccourcir, comme on est des erreurs étranglées. Je t'aime, à quoi tu penses. Est-ce que tu penses à moi. Est-ce que tu y penses comme j'y pense, abîmée à l'extérieur, le corps ouvert au vent, engouffré de la ville. Je t'aime est-ce que tu m'as redessinée ou est-ce que tu penses à moi sans avoir mis de mots là-dessus sans m'avoir redessinée, je t'aime, je t'aime déjà est-ce que tu penses à moi et comment tu y penses, est-ce que tu penses que les corps s'interchangent, est-ce que tu penses que nous valons une somme d'argent, de dons et de talents, d'argent, ou est-ce que tu penses qu'il n'y a que des âmes je t'aime est-ce que tu comprends, est-ce que tu penses à moi, comment tu y penses, où es-tu maintenant, est-ce que tu penses à moi, est-ce que tu gardes comme moi le souvenir d'une rupture avant même qu'on se soit connus, est-ce que tu m'a redessinée est-ce que tu as fait cette erreur alors que moi je t'ai toujours pensé avec humilité sans rien garder d'autre que tes paroles ce que tu montrais c'est-à-dire pas grand-chose. Est-ce que tu as eu cette humilité de garder pas grand-chose de moi, comme moi je n'ai rien pris de toi, sans me redessiner, est-ce que tu n'as jamais vu rien d'autre en moi que les bribes que j'ai données et mes yeux c'est-à-dire pas grand-chose, ou est-ce que tu as eu besoin de me réinventer pour mieux masquer ta solitude est-ce que tu m'aimes je t'aime déjà est-ce que tu penses à moi et comment tu y penses et qui tu es parce qu'on ne se connaît pas. Est-ce que tu te satisfais de ça ou est-ce que tous les soirs tu penses à ce truc qu'on a laissé et ta stupidité, ton âme étiolée qui joue, qui est suspecte et qui a peur, est-ce que tu comprends que tu as peur et moi aussi, est-ce que tu comprends que je me suis vue dans tes yeux, est-ce que tu comprends qu'on est pareil, tu le sais n'est-ce-pas, bien sûr que tu le sens. Est-ce que tu y penses, ou est-ce que tu penses juste à mon cul et tes statistiques dans les chemins de ta banque. Est-ce que tu es stupide, est-ce que tu es comme tous les autres, est-ce que tu es surfait, est-ce que tu penses qu'est-ce que tu penses est-ce que tu sais que je brûle, que je brûle. Est-ce que tu sais que je te laisserai jamais venir en moi. Parce que je brûle et que toi t'as même pas la conviction de brûler devant moi. Est-ce que tu penses que je vois pas tout. Est-ce que tu penses que je te juge ? Tu sais c'était rien, je juge personne, sûrement moins que d'autres, alors m'écoute pas, bien sûr que je te juge pas, tu connais le all for one de James Brown, c'est extraordinaire, c'est un patchwork, le James nous refourgue des passages connus, mais il y a des instants à hauts degrés tu sais je t'aime ; mine de rien et t'es qu'un minable tu sais moi qui je suis pour dire ça ? rien tu sais, on s'est vus tellement minables dans nos yeux, tu sais le champagne, tu sais comme je savais rien dire, tu sais comme on se connaît pas est-ce que tu penses à moi tu sais pas, tu sais rien du tout je t'aime. Tu penses qu'on peut se reposer la terre entière les genoux abîmés dans l'inconnu ? T'es prêt à faire ce sacrifice toi ? Ou est-ce que tu penses qu'on est juste bons à baiser toi et moi, à être des misérables caricatures d'êtres humains et d'amour, à se colporter se radiographer dans des lits blancs, est-ce que tu penses qu'on est des photocopies ? tu sais je t'aime point et tu sais je sais rien, je sais juste que j'ai battu et que t'es bon à abattre parce que ça me fait plaisir parce que ça m'évite de penser à toi et à moi-même. Est-ce que t'as battu toi-aussi, est-ce que tu penses à moi, et comment, est-ce que tu me redessines, ou est-ce que tu as su, et qui tu es, et comment tu vis, est-ce que tu pleures des fois. Je t'aime. Tu sais c'est fou comme on s'abîme et qu'on cherche des choses qui nous ressemblent et qui nous rassemblent, tu sais c'est fou comme les gens ont peur ils ont de la bave blanche à la place du cur ils aiment épileptiquement tu sais c'est fou comme chacun vibre sans le dire à l'autre et ce qu'on se rate, et comme on se dit et qui tu es toi. Je t'aime. Tu sais, je vais penser toute la nuit comme ça, tu sais, est-ce que tu penses à moi et comment. Et comment tu y penses, c'est surtout ça l'important, comment. Tu sais je suis une malade j'ai des yeux fiévreux tu vivrais pas bien avec moi, tu sais que j'ai les yeux bioniques ? Que je te vois comme tu t'es jamais vu ? que je suis tellement sensible que je vois les gens comme jamais ils se sont vus ? Tu sais que ça fait mal ? Que je peux te faire du mal ? Je te pardonnerai pas, c'est pour ça que je suis partie, t'as dû te retrouver comme un con, je suis désolée c'était pas le but. Je t'ai envoyé bouler au troisième quart d'heure parce que les façades m'insupportent, tu sais j'aime pas le faux et je sais que t'es pas faux, m'écoute pas je voulais te faire peur, je voulais que tu t'en ailles le plus loin possible, très loin, tu sais je t'aime pas, va pas croire, je t'aime pas du tout, non, vraiment pas. T'as tellement peur tu sais, tu vis tellement pas tu sais, tu connais James Brown ? All for one ? Tu penses que des gens peuvent se rassembler et se foutre leurs dix mains sur les poignets en beuglant all for one ? Genre ils s'aiment ? Tu penses ou pas. T'es qui toi d'abord, je me souviens pas de ton nom. Si je sais comment tu t'appelles, je retiens tout, je suis une malade, tu peux pas savoir comme ma vie est une enquête et comme chaque personne ne s'oublie jamais je vis avec des fantômes, tu sais ça toi ? Oui tu sais, t'as vécu en Israël avec des cadavres de bus, t'étais un malade, t'avais ta jeunesse, là ; à baiser partout comme un porc des fois que la vie se finisse trop vite. T'es un chien, tu sais ça ? Tu me regardes comme un chien. Tu me regardes trop, là, tout de suite, tu transpires. Je t'aime, mais faut voir comme je pourrais te détraquer, tu sais j'ai pas l'oxygène facile, tu dois savoir ça toi : on m'a foutu des bombes à chaque clavier, dans les poubelles, et dans mes bus, tu sais. Tu penses à moi ou bien ? T'es qui ? T'es qui derrière tes sourires ? Est-ce que tu penses, est-ce que tu pleures, de quoi, est-ce que les êtres te font mal, est-ce que tu vis encore ou est-ce que t'es une statue, est-ce que tu as roulé comme une pierre ou est-ce que tu es si meurtri que tu pourrais offrir ta vision aux aveugles, qui tu es, est-ce que tu partages, est-ce que tu vis, est-ce que t'es frappadingue ou simplement réfrigéré dans un parking, le parking de ta vie sans rien avoir vécu, est-ce que tu te gares ou est-ce que tu vis à 180, qu'est-ce que tu vis je voudrais savoir, je voudrais tellement savoir tout de toi, je voudrais tellement être là pour toi, te recueillir là et que tu te reposes enfin, j'aimerais tellement que tu t'oublies et que tu oublies mon image et ce qui a pu te paraître de moi, tu sais on s'aime déjà et les humains c'est de la connerie, tu le sais bien toi sous les bombes, tu le sais bien avec tes bus. Tu sais bien tout ça. On sait bien ce qui nous arrive. Tu connais Janis Joplin ? Tu connais quoi ? Tu connais rien. T'es là. Interrogatif. guetter le meilleur chez les autres. Et c'est pour ça que je suis partie. Tu guettais le meilleur chez moi. Mais c'est tellement facile d'être extraordinaire. Moi je cherche une personne qui renifle mes ordures. Je sais pas si tu peux comprendre.
Les nuages ont des couleurs
La convergence de nos penchants
Non avoués
Dans leur tendre
Epure

Ce serait gacher du temps que de s'inscrire, bredouiller, répéter l'effort une nouvelle fois, bredouiller une trace nulle, alors recommencer, ne laisser qu'une maigre trace dans la pierre, donc recommencer encore une fois, cette fois avec les pieds, laisser une empreinte humide qui s'évapore dans le désert brûlant, alors recommencer une nouvelle fois cette fois une fleur pousse dans le sable, s'inscrire une nouvelle fois la fleur pousse un peu plus, s'inscrire mais cette fois-ci se rater : on tombe sur la fleur ; écrasée. Alors recommencer de plus belle à nouveau, bredouiller à quatre pattes plongé dans le sol bouillant, n'y laisser que des traces de doigts, de peau, n'y laisser que des empreintes humides qui s'évaporent dans l'instant, alors recommencer encore se relever péniblement laisser un pas en enfer que le vent essuie, alors recommencer encore essayer toujours et encore l'incessant effort renouvelé de l'inscription une fleur se met à pousser dans le désert, s'inscrire encore des épines et des feuilles, des pétales éclosent. S'inscrire encore une deuxième pousse plus robuste et plus haute que la première, s'inscrire encore la deuxième fleur se met soudain à manger la première, puis la chute d'un corps tue la deuxième, alors se relever péniblement, s'inscrire encore dans les hôpitaux les commissariats les prisons les actes de naissance les identités les pénitenciers, s'inscrire encore un mince trait au stylo s'inscrire encore un deuxième maigre trait de stylo s'inscrire encore et soudain une main chiffonne le papier une boûche le mâche alors décider de s'inscrire encore et de continuer envers et contre tout s'inscrire encore décider cette fois de creuser la terre d'y faire pousser un chemin, s'inscrire encore poursuivre le chemin les ongles en sang noircis maculés de terre, à creuser forcenés, s'inscrire encore les ongles grattent les pieds avancent, s'inscrire encore avancer de dix mètres dans le désert brûlant on abandonne l'idée des fleurs on préfère le déplacement et la fuite en avant s'inscrire encore mais cette fois-ci dans une fuite en avant s'inscrire encore puis les jambes et le cur lâchent, alors s'asseoir s'inscrire encore en laissant dans le sol la forme du corps qui finit en poussières puis ne plus s'inscrire, refuser maintenant de s'inscrire où que ce soit car ce serait gâcher du temps.
Arsenal.

Le 2 juillet à ses côtés, je criai dans la nuit. Je me souviens que j'agitais haut mes bras, pestais en flamboyant de vodka. Je ne me souviens pas précisément des mots qu'empoignait ma bouche.
Le 3 juillet je prenais une longue douche, m'habillais de ces colifichets que j'avais fulguremment oubliés depuis longtemps, après deux longs mois à traîner dans les rues. Je reconsidérais l'espace autour de moi, je le regardais dormir dans mon lit, épuisé d'un long trajet, long et douloureux. Il dit : « tu t'es maquillée ? » Je redeviens humaine, répondis-je.
Le 11 novembre à 11h52, je disparus.
Le 11 novembre à 11h53 je réapparus.
Le 11 novembre à 11h54 je me dis que nous étions morts à une fréquence de 86 400 secondes par jour et que nos actes étaient substanciellement vides. J'abandonnais vite cette considération sans fond et cette pénétration discursive de porte ouverte afin de me replonger dans ma disparition. Je plongeais ma tête sous l'eau dans l'évier parmi les assiettes sales et les pates pourries voguant à la surface. Je restais là une bonne heure.
Le 22 décembre je lui avouais vouloir être coiffeur d'oiseaux.
Le 1er janvier il ne m'aima pas.
Le 4 janvier je commençais à compter scrupuleusement les secondes où il ne m'aimait pas.
Le 18 janvier je souffrais de tout mon crâne devant une alouette blessée par un nuage. J'empoignais un chauffard et le secouais de tout mon bras gauche afin de faire fuir le nuage.
Le 22 janvier c'est vers cette période que mon lobe temporal gauche commença à rejeter définitivement et ce pour une période encore à ce jour imprécise, tout type de romans, essais, et autres types de constructions narratives concentrationnaires récitant pas toujours mais bien souvent des lieux communs, ainsi qu'on égrène un chapelet de loufoques tripes de porc. C'est vers cette époque que je transportais en permanence sur moi au moins sept livres de Notre Ami. Je ne supportais plus que Notre Ami. Il voulait qu'on lui fasse « des enfants dans le dos ». Il en aurait.
Le 28 janvier tout se passait bien, nous n'étions pas fous.
Le 10 février avec horreur, je lus quelques mièvreries mal déniaisées sur le web. Je trouvais confirmation de mon sentiment auprès d'un article du Matricule des Anges de l'année 1993. Qui valait ce qu'il valait. La mièvrerie n'est fâcheuse que si elle est célébrée. Une bande de grands malades mentaux célébraient cette mièvrerie. En 1993, j'avais quinze ans, je lisais Freud. Un blond m'aborda sur une plage de Corse sous le fallacieux prétexte que je lisais Freud. Quelques jours plus tard il jeta contre les carreaux de ma fenêtre trois feuilles tirebouchonnées. cette époque, je ne comprenais déjà pas le sentiment amoureux dire je t'aime à un cerveau connu depuis seulement 259 200 secondes me semblait issu de la plus grande démence. J'abandonnais Freud à quinze ans et demi. Freud était un con. Tout comme Sartre.
Le 10 février je lui parlais de poissons volants.
Le 12 février Les secondes où il ne m'aimait pas semblaient diminuer en fréquence.
Le 15 mars on me demanda de peindre un cri. Je songeais que je finirai probablement noyé dans la peinture, car le langage oral me semblait particulièrement impuissant et furieusement limité, quadrillé, rectangulaire comme un univers concentrationnaire, je ne souffrais plus que le transversal et les zones de turbulences atones. Je songeais à l'ancêtre Ernest Hello, qui se serait bien marré de tout ce merdier et de tous ces niais élucubratoires poisseux sur son oeuvre, moi j'avais compris, mais je ne disais rien, bien que la rage m'échauffait. Puis je songeais à Arthur Cravan, sans que je n'aie jamais su pourquoi par la suite.
Le 23 mars je lui demandais de m'offrir des cailloux bleus.
Le 29 mars il était fier de moi, sans que je n'aie jamais su pourquoi par la suite.
Le 1er avril sans que je n'aie jamais su pourquoi par la suite.
Le 2 avril il se passa un phénomène très curieux. Il revint à six heures du matin, et me dit avec force en me serrant comme un étau, qu'il m'aimait, qu'il m'aimait très fort, et qu'il s'en foutait si les gens se moquaient de nous parce qu'on vivait dans une cage à poules, et qu'il m'aimait, et que des fois il avait envie de me faire un enfant. Dans une cage à poules ? répondis-je. Il allait de soi qu'après toutes ces secondes à compter les secondes où il ne m'aimait pas, ma croyance en l'univers et ses vertus langagières auxquelles je n'avais de toute façon jamais beaucoup cru s'était sensiblement détériorée. Aussi lui répondis-je : moi-aussi je t'aime très fort {mais au fond, quelle importance, puisque tout est si aléatoire et croupissant comme un songe maudit}.
Le 3 avril un dégoût subit monta dans ma gorge. Toujours à cause de la mièvrerie. J'avais envie de noir partout. De noir de noir de noir. De disparaître de cet univers de fous. D'ailleurs, j'allais disparaître. Au fond quelle importance.
Le 4 avril je découvrais le mot « épatamment » dans le dictionnaire, découverte qui ne m'avançait pas vraiment, car c'était un mot laid et disgracieux, sans que je n'aie jamais su pourquoi par la suite.
Entité sioniste en Cisjordanie le soleil se soulève les abords de Seine Paris crache : entité sioniste en Cisjordanie il entame des négociations accélérées pour la formation d'un gouvernement de coalition au bout de sa rue, la rue du Temple. Il négocie une jupe et un croissant. Il longe l'hôpital Hassadah dans les yeux de la fille parfaitement accessible, déjà ouverte. Il suffit de parler, et c'est un réflexe de survie qu'on cultive ils sont niais et innocents. Les dons d'organe ne sont qu'un exemple d'une collaboration médicale croissante qui colore un peu d'espoir cette région explosive qu'est Danger. « MINISRAEL : Tout Israël en miniature ! » Israël en carton miniature dans sa tête qui vient colorer la fille de sa vie caramel à passer ses yeux dans les beef-steaks décolorés au sol, giclés des bus. La fille est parisienne et très sensible, elle s'écarte. Elle est le paysage d'Israël revenu d'ailleurs. La terre d'asile d'Israël. a va chier maintenant, ce qu'il s'était dit en arrivant ici à dix-huit ans.

Je t'aime, est-ce que tu comprends comme je t'aime et comme je te connais depuis toujours. N'écoute pas mes mots, est-ce que tu comprends comme je t'aime, ne m'écoute surtout pas, garde juste ma silhouette et comment je t'ai regardé ; je t'aime déjà. Est-ce que tu le comprends. Est-ce que tu te demandes comme moi ce que ça veut dire, et comment par périodes le chemin finit par se raccourcir, comme on est des erreurs étranglées. Je t'aime, à quoi tu penses. Est-ce que tu penses à moi. Est-ce que tu y penses comme j'y pense, abîmée à l'extérieur, le corps ouvert au vent, engouffré de la ville. Je t'aime est-ce que tu m'as redessinée ou est-ce que tu penses à moi sans avoir mis de mots là-dessus sans m'avoir redessinée, je t'aime, je t'aime déjà est-ce que tu penses à moi et comment tu y penses, est-ce que tu penses que les corps s'interchangent, est-ce que tu penses que nous valons une somme d'argent, de dons et de talents, d'argent, ou est-ce que tu penses qu'il n'y a que des âmes je t'aime est-ce que tu comprends, est-ce que tu penses à moi, comment tu y penses, où es-tu maintenant, est-ce que tu penses à moi, est-ce que tu gardes comme moi le souvenir d'une rupture avant même qu'on se soit connus, est-ce que tu m'a redessinée est-ce que tu as fait cette erreur alors que moi je t'ai toujours pensé avec humilité sans rien garder d'autre que tes paroles ce que tu montrais c'est-à-dire pas grand-chose. Est-ce que tu as eu cette humilité de garder pas grand-chose de moi, comme moi je n'ai rien pris de toi, sans me redessiner, est-ce que tu n'as jamais vu rien d'autre en moi que les bribes que j'ai données et mes yeux c'est-à-dire pas grand-chose, ou est-ce que tu as eu besoin de me réinventer pour mieux masquer ta solitude est-ce que tu m'aimes je t'aime déjà est-ce que tu penses à moi et comment tu y penses et qui tu es parce qu'on ne se connaît pas. Est-ce que tu te satisfais de ça ou est-ce que tous les soirs tu penses à ce truc qu'on a laissé et ta stupidité, ton âme étiolée qui joue, qui est suspecte et qui a peur, est-ce que tu comprends que tu as peur et moi aussi, est-ce que tu comprends que je me suis vue dans tes yeux, est-ce que tu comprends qu'on est pareil, tu le sais n'est-ce-pas, bien sûr que tu le sens. Est-ce que tu y penses, ou est-ce que tu penses juste à mon cul et tes statistiques dans les chemins de ta banque. Est-ce que tu es stupide, est-ce que tu es comme tous les autres, est-ce que tu es surfait, est-ce que tu penses qu'est-ce que tu penses est-ce que tu sais que je brûle, que je brûle. Est-ce que tu sais que je te laisserai jamais venir en moi. Parce que je brûle et que toi t'as même pas la conviction de brûler devant moi. Est-ce que tu penses que je vois pas tout. Est-ce que tu penses que je te juge ? Tu sais c'était rien, je juge personne, sûrement moins que d'autres, alors m'écoute pas, bien sûr que je te juge pas, tu connais le all for one de James Brown, c'est extraordinaire, c'est un patchwork, le James nous refourgue des passages connus, mais il y a des instants à hauts degrés tu sais je t'aime ; mine de rien et t'es qu'un minable tu sais moi qui je suis pour dire ça ? rien tu sais, on s'est vus tellement minables dans nos yeux, tu sais le champagne, tu sais comme je savais rien dire, tu sais comme on se connaît pas est-ce que tu penses à moi tu sais pas, tu sais rien du tout je t'aime. Tu penses qu'on peut se reposer la terre entière les genoux abîmés dans l'inconnu ? T'es prêt à faire ce sacrifice toi ? Ou est-ce que tu penses qu'on est juste bons à baiser toi et moi, à être des misérables caricatures d'êtres humains et d'amour, à se colporter se radiographer dans des lits blancs, est-ce que tu penses qu'on est des photocopies ? tu sais je t'aime point et tu sais je sais rien, je sais juste que j'ai battu et que t'es bon à abattre parce que ça me fait plaisir parce que ça m'évite de penser à toi et à moi-même. Est-ce que t'as battu toi-aussi, est-ce que tu penses à moi, et comment, est-ce que tu me redessines, ou est-ce que tu as su, et qui tu es, et comment tu vis, est-ce que tu pleures des fois. Je t'aime. Tu sais c'est fou comme on s'abîme et qu'on cherche des choses qui nous ressemblent et qui nous rassemblent, tu sais c'est fou comme les gens ont peur ils ont de la bave blanche à la place du cur ils aiment épileptiquement tu sais c'est fou comme chacun vibre sans le dire à l'autre et ce qu'on se rate, et comme on se dit et qui tu es toi. Je t'aime. Tu sais, je vais penser toute la nuit comme ça, tu sais, est-ce que tu penses à moi et comment. Et comment tu y penses, c'est surtout ça l'important, comment. Tu sais je suis une malade j'ai des yeux fiévreux tu vivrais pas bien avec moi, tu sais que j'ai les yeux bioniques ? Que je te vois comme tu t'es jamais vu ? que je suis tellement sensible que je vois les gens comme jamais ils se sont vus ? Tu sais que ça fait mal ? Que je peux te faire du mal ? Je te pardonnerai pas, c'est pour ça que je suis partie, t'as dû te retrouver comme un con, je suis désolée c'était pas le but. Je t'ai envoyé bouler au troisième quart d'heure parce que les façades m'insupportent, tu sais j'aime pas le faux et je sais que t'es pas faux, m'écoute pas je voulais te faire peur, je voulais que tu t'en ailles le plus loin possible, très loin, tu sais je t'aime pas, va pas croire, je t'aime pas du tout, non, vraiment pas. T'as tellement peur tu sais, tu vis tellement pas tu sais, tu connais James Brown ? All for one ? Tu penses que des gens peuvent se rassembler et se foutre leurs dix mains sur les poignets en beuglant all for one ? Genre ils s'aiment ? Tu penses ou pas. T'es qui toi d'abord, je me souviens pas de ton nom. Si je sais comment tu t'appelles, je retiens tout, je suis une malade, tu peux pas savoir comme ma vie est une enquête et comme chaque personne ne s'oublie jamais je vis avec des fantômes, tu sais ça toi ? Oui tu sais, t'as vécu en Israël avec des cadavres de bus, t'étais un malade, t'avais ta jeunesse, là ; à baiser partout comme un porc des fois que la vie se finisse trop vite. T'es un chien, tu sais ça ? Tu me regardes comme un chien. Tu me regardes trop, là, tout de suite, tu transpires. Je t'aime, mais faut voir comme je pourrais te détraquer, tu sais j'ai pas l'oxygène facile, tu dois savoir ça toi : on m'a foutu des bombes à chaque clavier, dans les poubelles, et dans mes bus, tu sais. Tu penses à moi ou bien ? T'es qui ? T'es qui derrière tes sourires ? Est-ce que tu penses, est-ce que tu pleures, de quoi, est-ce que les êtres te font mal, est-ce que tu vis encore ou est-ce que t'es une statue, est-ce que tu as roulé comme une pierre ou est-ce que tu es si meurtri que tu pourrais offrir ta vision aux aveugles, qui tu es, est-ce que tu partages, est-ce que tu vis, est-ce que t'es frappadingue ou simplement réfrigéré dans un parking, le parking de ta vie sans rien avoir vécu, est-ce que tu te gares ou est-ce que tu vis à 180, qu'est-ce que tu vis je voudrais savoir, je voudrais tellement savoir tout de toi, je voudrais tellement être là pour toi, te recueillir là et que tu te reposes enfin, j'aimerais tellement que tu t'oublies et que tu oublies mon image et ce qui a pu te paraître de moi, tu sais on s'aime déjà et les humains c'est de la connerie, tu le sais bien toi sous les bombes, tu le sais bien avec tes bus. Tu sais bien tout ça. On sait bien ce qui nous arrive. Tu connais Janis Joplin ? Tu connais quoi ? Tu connais rien. T'es là. Interrogatif. guetter le meilleur chez les autres. Et c'est pour ça que je suis partie. Tu guettais le meilleur chez moi. Mais c'est tellement facile d'être extraordinaire. Moi je cherche une personne qui renifle mes ordures. Je sais pas si tu peux comprendre.
Mute (soon still)


de l'autre
si la mue ne
se présage
ni laisse
alors le long du
le regard va suivre
encore comme un aruspice d'écorce puis dans les branches des membres décharnés
aux doigts-cadrans indiquant la mise en mouvement des ailes mortes
quand dans le contre-jour traversent et que mille
prennent leur éclipse rapide virent à l'unisson dans une clameur contre l'air


j'entends les gens, dans la rue. ils rient, ils parlent fort. ils ne savent pas pour invidation.

tonight @ club Gore :
2s>plusquecervelure: l'avengeance xenace
versus la peur du faune ,allon
vocqation dezidées :xxx des exandres ,'ténation des pires
jveux mon confield ,ma catachrèse optronique

(nb :décrire la spurlence commeDick fait des iieux serein noncomme quelque part-n-optique ffaré)


tonight @ club Gore :
2s>plusquecervelure: l'avengeance xenace
versus la peur du faune ,allon
vocqation dezidées :xxx des exandres ,'ténation des pires
jveux mon confield ,ma catachrèse optronique

(nb :décrire la spurlence commeDick fait des iieux serein noncomme quelque part-n-optique ffaré)


déficit d'empathie à grande échelle

pour sauver notre planète : Cliquez ici

Bienvenue sur mon blog spécialisé dans des livres rares, des livres exigeants
qui ont tous une énorme qualité : ils peuvent vous faire changer de vie.
Ces livres ont fait l’objet d’une sélection rigoureuse, je les ai tous lus
et choisis parmi des centaines d’autres.

inVidé par saihtaM :: 13122011