Les vampires enfantent des armées de rats, des frigos en manteaux de fourrure.
vaporisé par les impacts
foetus foutus
va bas
manifestation pour garder la moutarde à dijon
La machine se branle sur un humain en train de rêver et pète un plomb
Il est 23:29 et je n'ai pas intérêt à me pendre, je me rends compte que je n'ai plus intérêt à me pendre à te perdre à et je décide de resouffrir jusqu'au lendemain en caressant tes cheveux noirs. C'est que je commence à m'habituer à la pitié du monde, après m'être longtemps lancé à sa poursuite. Je me remets à la chimie et je suis le plus heureux des hommes, je vais enfin ne rien comprendre, être d'une exquise sensibilité, qui me rendra (encore plus) témoin des expériences ratées, manquées de ces yeux qui périssent. Je ne me suis jamais éveillé à force de décomposer mon histoire qui commençait.
J'aime une machine précieuse qui cause à voix basse. Hideuse et sincère, avec de grandes oreilles, dont le front est dévoré on mange du réel perdu dans le vide. On sait compter. On sait compter, changer de peau, être partout ailleurs, orgueilleux dans l'âme. Renverser nos idées pour l'imitation. Être superstitieux d'égoïsme, d'un éclat ridicule. En harmonie avec nos entrailles.
présent extérieur
des oeufs épilés
la réussite est parfois ce qu'il peut arriver de pire à quelqu'un ;)
aimer le goût de la bière tiède, au début détester le goût de la bière chaude, mais avec le temps, son goût devient synonyme de tant d'ivresse qu'on finit par le trouver délicieux et complexe
en pisser, en boire, en repisser, avoir le ventre gonflé comme si l'ivresse était un enfantement,
la mousse éclaboussée à chaque nouvelle ouverture de canette ou de bouteille
j'ai dû dépenser 100 000 € de bière dans ma vie !
dormir avec la radio allumée
étrange comme le cerveau éteint et allume la radio alors qu'elle reste allumée
bascule
je dors je ne l'entends plus, je me réveille je l'entends, bascule très rapide éveil-sommeil
quand dans le lit on allonge le bras pour trouver l'autre, et que l'on ne trouve rien, et que la place est vide
la liste invisible / le catalogue invisible
On connaît un éditeur par les livres qui figurent à son catalogue, mais on le connaîtrait mieux encore si l'on avait le catalogue de ses livres qui ne se sont pas faits, de ses projets de livres qui n'ont pas abouti.
Le livre de Pierre Lucerné est de ceux-ci pour Caméras Animales. 6 mois de travail, de rendez-vous de travail avec l'auteur, rassemblement et agencement de textes et d'images, combat pour trouver les financements et les aides nécessaires, mises en relation, et quand tout est prêt et qu'il n'y a plus qu'à faire la maquette, crise de l'auteur qui annule tout.
Iceberg, soubassement obscur, infini regret, Pierre Lucerné a créé un "livre invisible" chez Caméras Animales, en "cache".
je suis devenu silencieux
il faut que je me retrouve
cliquez jusqu'à ce que mort s'ensuive
un DJ, le casque vissé sur l'oreille, qui parle à la foule en langage des signes
je voudrais que l'on étouffe tous les sons qui me parviennent
je voudrais que l'on étrangle tous les sons qui me parviennent
s'endormir une cigarette allumée à la main
s'endormir en fumant
et se réveiller en flammes
en feu
carbonisé
fumé
s'endormir en fumant
et se réveiller carbonisé
tellement fatigué que je m'endors en fumée / en fumant
mon pénétromètre
un mec qui joue bien c'est quelqu'un qui arrive à se mettre dans ta tête et à prévoir tes coups
quand j'entends le mot sodomie, je sors mon revolver
quand fun et foune font bon ménage...
nous allons devenir de la puissance crue
des drogues pour les robots !
à chaque réveil je dois sortir d'un labyrinthe pour sortir de moi-même
quand je dors je me transforme en prison et pour me réveiller je dois sortir d'un labyrinthe
(constitué de mes pensées)
chaque réveil, chaque sortie du sommeil, m'est extrêmement difficile et complexe, c'est comme si je devais me sortir d'un labyrinthe composé par mes rêves, mes pensées, pour me reconnecter à l'extérieur, à l'éveil, à la réalité extérieure, au réél
J'ai remarqué qu'on rencontre parfois des gens très bien dans le noir.
mon ptit bout de femme préféré sur cette terre
humains pris dans la toile d'Internet
saoul avec les yeux
sourd avec les yeux
aveugle de l'oreille
les yeux sourds et les oreilles aveugles
les ouïes bigleuses
ce ne sont pas des écrivains, ce ne sont pas des poètes, ce sont des "fictionnaires", des fonctionnaires de la fiction
Les vampires enfantent des armées de rats, des frigos en manteaux de fourrure.
vaporisé par les impacts
foetus foutus
va bas
manifestation pour garder la moutarde à dijon
La machine se branle sur un humain en train de rêver et pète un plomb
Aujourd'hui il fait moins chaud, le ciel est couleur craie et je m'assois sur un bidon rouillé dans ce terrain vague pas loin de mon hôtel. Comme d'habitude, machinalement, je tâte mes poches puis me souviens que je ne peux plus fumer. Plus boire non plus. Je n'ai plus tellement d'alternatives et la douleur reste cuisante. Ça ne passe pas. Je suis tout seul, avec ce paquet de feuilles dans la main – que m'a filé hier Jhonn – étonné que je croupisse toujours dans le même hôtel pisseux en bordure de Paris. Je ne comprends pas bien pourquoi Jhonn a pris ce pseudonyme étrange.
Hier j'ai emprunté des trajets sinueux, presque lunaires, dans la ville. J'avais envie de frapper aux loges des concierges. Je louchais brusquement sur les stores et les parasols, habités de bruits anormaux et sinistres, dans ces quartiers de Paris anti-hygiéniques au possible.
Je suis entré par la porte principale dans le manuscrit de Jhonn qui ressemble à s'y méprendre à une maison de santé – surtout les premières pages. Après le flux devient plus commode. J'essuie des gouttes de sueur. Combien de temps je vais rester caché ainsi. Cette solitude m'obsède. Il vaut mieux apprendre la tchatche aux enfants, plutôt que de récolter des bons points. Les bons points vous mènent dans les terrains vagues. Dans la maison de santé de Jhonn, il y a des figures rouges, impalpables, prêtes à se refermer au moindre mot. Assises contre des murs blancs. Sans assurance et grotesques. Interloquées dans leur obscurité.
En face du terrain vague, il y a un Café et un fourgon de police. Des gitans crient. Des gamins jouent au foot dans la ruelle déserte. Le médecin m'avait parlé de blessure et de hasard, et je lui avais répondu que c'était ainsi que tout se termine. Par quelques paroles aimables jugeant des effets produits. Chez certains du moins. Parce que pour d'autres, c'est les terrains vagues. Des destinations brillantes, pliées en deux.